19 avril 2008

L'intégrité islamique

Sauvegarder l'essentiel 

 extrait de L'intégrité islamique, de Charles-André Gilis (Abd ar-Razzaq Yahya)

 

 

L’affinité profonde de l’intégration et de l’intégrisme – deux noms jumeaux pour deux politiques jumelles – se marque dans leur acceptation commune de la division du monde en nations et en Etats. D’un côté, les musulmans au pouvoir se préoccupent d’avantage de l’intégrité des frontières que de celle de l’islâm ; de l’autre, les partisans de l’intégration considèrent comme un fait accompli le morcellement de la communauté islamique puisqu’ils acceptent les conditions et les statuts définis pour eux par chaque Etat. Dans l’attente de jours meilleurs, la préoccupation essentielle nous paraît devoir être de perpétuer les rites de l’islâm et du tasawwuf de la façon la plus complète et la plus traditionnelle possibles, et de s’efforcer d’échapper aux contraintes imposées par les puissants. S’agissant de l’islâm en général, l’intégrisme peut apparaître comme la meilleure alternative, en dépit des objections que nous avons formulées, mais il n’en va pas nécessairement ainsi pour la pratique du tasawwuf, souvent plus menacée par les musulmans au pouvoir que dans les Etats « laïques » ou « neutres » en matière de religion. Quant aux musulmans qui vivent dans les pays occidentaux, ils doivent nécessairement accepter des compromis. Le Prophète lui-même n’a-t-il pas dit qu’un temps viendrait où nul ne pourrait échapper à la « poussière de la riba », c’est-à-dire du prêt à intérêt, de manière au moins indirecte ? L’essentiel, pour les croyants, est qu’il n’y ait pas d’«intégration des coeurs » [1] et que ces compromis soient acceptés dans un esprit de patience et de sagesse, car il n’y a « ni puissance, ni force, si ce n’est par Allâh, l’Elevé, l’Immense. »

 

[1] La notion d’intégration contient l’idée fausse que l’islâm est une religion étrangère. Seul Ordre révélé destiné à l’ensemble des hommes, l’islâm est chez lui partout. Affirmer le contraire revient à considérer les musulmans d’origines occidentale comme étant des étrangers dans leur propre pays. C’est plutôt l’essence de la religion traditionnelle qui a cessé d’avoir droit de citer en Occident. Ce que les Occidentaux veulent à tout prix « intégrer », c’est-à-dire domestiquer, ce n’est pas l’islâm, c’est la religion.

24 mars 2008

Les juifs et la déviation moderne

"La déviation moderne ... doit nécessairement répondre à un "plan" bien arrêté, et conscient tout au moins chez ceux qui dirigent cette "guerre occulte" contre tout ce qui présente un caractère traditionnel, intellectuellement ou socialement. Seulement, quand il s'agit de rechercher les "responsabilités", nous avons bien des réserves à faire ; la chose n'est d'ailleurs pas si simple ni si facile, il faut bien le reconnaître, puisque, par définition même, ce dont il s'agit ne se montre pas au dehors, et que les pseudo-dirigeants apparents n'en sont que les instruments plus ou moins inconscients. En tout cas, il y a ici une tendance à exagérer considérablement le rôle attribué aux Juifs, jusqu'à supposer que ce sont eux seuls qui en définitive mènent le monde, et sans faire à leur sujet certaines distinctions nécessaires : comment ne s'aperçoit-on pas, par exemple, que ceux qui prennent une part active à certains événements ne sont que des Juifs entièrement détachés de leur propre tradition et qui, comme il arrive toujours en pareil cas, n'ont guère gardé que les défauts de leur race et les mauvais côtés de sa mentalité particulière."
 
René Guénon, cité in La Papauté contre l'Islam 

23 mars 2008

J.De Maistre, le protestantisme et l'Islam

Je ne peux résister plus longtemps à l'envie de poster ici cette citation de Joseph De Maistre en guise de réponse directe aux délires de certains catholiques. Ces catholiques, souvent "traditionnalistes" qui, par égarement et haine viscérale des musulmans (plus que de l'Islam, dont ils ne connaissent en général rien, sinon l'avatar moderne qu'est le wahhabisme), en viennent non-seulement à se fourvoyer avec le Judaïsme (au nom d'un "judéo-christianisme" dont le nom même est une absurdité abominable) mais aussi avec les Protestants !  Ainsi les voit-on prendre parti pour cette nation impie entre toutes que sont les U.S.A.

Puisqu'apparemment pour se rendre compte du caractère satanique des U.S.A., il ne leur suffit pas que ce pays soit le point de convergence des 3 principales hérésies modernes - je veux nommer ici le Protestantisme, le Sionisme et le Wahhabisme -,  il m'a semblé qu'il pouvait être utile de publier ce court extrait.

 Nasruddin ibn Yamin

 

 

"    Je crois avoir assez solidement établi qu'aucune institution n'est solide et durable si elle ne repose que sur la force humaine. L'histoire et le raisonnement se réunissent pour démontrer que les racines de toute grande institution sont placées hors de ce monde. Je n'ai plus rien à dire sur ce point. Les souverainetés surtout n'ont de force, d'unité et de stabilité qu'en proportion qu'elles sont divinisées par la religion. Or le christianisme, c'est-à-dire le catholicisme, étant le ciment de toutes les souveraintés européennes, le protestantisme, en leur enlevant le catholicisme sans leur donner une autre foi, a miné la base de toutes celles qui ont eu le malheur d'embrasser la Réforme : en sorte que, plus tôt ou plus tard, il doit les laisser en l'air.

     Le mahométisme, le paganisme même auraient fait politiquement moins de mal, s'ils s'étaient substitués au christianisme avec leur espèce de dogmes et de foi. Car ce sont des religions, et le protestantisme n'en est point une."

Joseph De Maistre, Sur le protestantisme. 

22 mars 2008

Notre patriotisme

"C'est dans l'Idée [au sens platonicien] que doit être reconnue notre vraie patrie." J.EVOLA, Orientations.


"Notre Patrie est le lieu d'où nous sommes venus, et notre Père est là-haut." Plotin, Ennéades, I, 6, 8.

'Muhammad est le nom de l'humanité entière dans le royaume des âmes. Il est la source, la patrie de chacun et de chaque chose." 'Abd al-Qader al-Jîlânî, Sirr al-Asrâr

 

 "Dieu dit à Son ami :

Tu es l'étranger, je suis ta patrie."

Jami

"Fuyons vers notre chère patrie !"

Homère, Illiade, II, 140

 

27 janvier 2008

Massignon, l'Islam et le sionisme

"Toute croisade coloniale des judéo-chrétiens contre le « fanatisme » islamique est vouée tôt ou tard à l’échec. Après la Mecque et Médine, l’Aqça de Jérusalem et la tombe d’Abraham à Hébron sont les troisième et quatrième lieux saints de l’Islam, qui leur garde toute sa vénération. Je l’ai bien compris en allant prier à Hébron le Dieu d‘Abraham au milieu des quatre-vingt-dix mille réfugiés, tous musulmans, entourés de trois côtés par les avancées juives : Abraham est leur intercesseur ; la liturgie l’invoque quotidiennement, ce fondateur du double pacte islamique de circoncision et de sacrifice. Un jour ou l’autre l’islam tout entier se lèvera pour faire rendre Hébron aux Arabes si on le leur enlève."

Louis Massignon 

15 septembre 2007

Les intellectuels modernes

C'est sur l'excellent LIMBeS, que l'on peut trouver cette citation de Péguy, que je n'ai personnellement jamais lu. Je ne résiste pas plus longtemps à la tentation de la publier sur ce blog-ci, tant elle traduit parfaitement ce que, bien souvent, j'ai en tête lorsque je dois subir les insignifiantes élucubrations de ces impuissants nains intellectuels qui composent la large majorité des occidentaux modernes.

J'ignore de quel ouvrage cette citation est tirée.

 

«On peut penser, comme je le pense personnellement, que les auteurs et que les sectateurs de cette basse et grossière métaphysique du parti intellectuel moderne, inintelligente, eussent été dénoncés, méprisés comme barbares, comme n'ayant non seulement aucun sens de la beauté, mais comme n'ayant pas même, au fond, le sens de la nature, non pas seulement dans les écoles d'Athènes, comme n'ayant pas même une idée des questions qui se posent, et s'ébrouant dans des questions qui ne se posent pas, mais avant le commencement de la grandeur d'Athènes dans toutes les cités colonies des côtes de la Grande-Grèce, des côtes siciliennes et déjà des côtes italiennes. Je ne parle pas des anciens Juifs, qui eussent commencé, comme entrée en matière, par les passer au fil de l'épée, comme impurs, et désagréables au Seigneur. Car on ne saura jamais à quel point ce vieil Israël était un peuple militaire. Mais là n'est point le débat.»