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27 avril 2007
Bonaparte et l'Islâm

14:30 Publié dans :: Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, napoléon, bonaparte
L'Islâm vu par Julius EVOLA
En 1994 est paru chez Insan, une maison d'éditions d'Istanbul, un livre intitulé Modern Dünyaya Baçkaldïrï, c'est à dire la traduction turque de Révolte contre le monde moderne de Julius Evola. Cette initiative est due à un professeur de théologie islamique de l'Université de Marmara, qui à l'époque avait en programme de faire publier un autre livre d'Evola, Masques et visages du spiritualisme contemporain. D'ailleurs, Révolte contre le monde moderne à été évoqué, à l'occasion d'un entretien publié dans "Éléments" (n. 77, 1993), par l'intellectuel algérien Rachid Benaïssa, élève de ce maître à penser qui fut Malek Bennabi.
Si le nom de Julius Evola n'est pas inconnu en terre d'Islam, dans quelle mesure Evola a eu connaissance de l'Islam?
Le tableau de la tradition islamique brossé dans Révolte contre le monde moderne n'occupe que quelques pages, mais présente avec suffisamment de relief les aspects de l'Islam qui permettent, dans la perspective evolienne, de le caractériser comme une "tradition d'un niveau supérieur non seulement à l'hébraisme, mais aussi aux croyances qui conquirent l'Occident" (RMM, 342).
En premier lieu, Evola fait remarquer que le symbolisme de l'Islam indique clairement un rattachement direct de cette forme traditionnelle à la Tradition primordiale elle-même, de sorte que l'Islam est indépendant du judaïsme comme du christianisme, religions dont il rejette d'ailleurs les thèmes spécifiques (péché originel, rédemption, médiation sacerdotale, etc.). C'est toujours dans Révolte conte le monde moderne que nous lisons:
De même que dans l'hébraïsme sacerdotal, l'élément central est constitué ici par la loi et la tradition, en tant que forces formatrices, auxquelles les souches arabes des origines fournirent toutefois une matière beaucoup plus pure, plus noble et empreinte d'esprit guerrier. La loi islamique, Sharîah, est la loi divine; sa base, le Coran, est considéré comme la parole même de Dieu - kalâm Allâh - comme une oeuvre non humaine, un livre "incréé", existant ab aeterno dans les cieux. Si l'Islam se considère comme la "religion d'Abraham" et a même voulu faire de celui-ci le fondateur de la Kaaba, où réapparaît la "pierre", le symbole du "Centre", il n'en demeure pas moins qu'il affirme son indépendance vis-à-vis de l'hébraïsme comme du christianisme, que le centre de la Kaaba contenant le symbole en question a des origines préislamiques lointaines, difficiles à déterminer, et qu'enfin le point de référence de la tradition ésotérique islamique est la mystérieuse figure du Khidr, considérée comme supérieure et antérieure aux prophètes bibliques. L'Islam rejette le thème caracteristique de l'hébraïsme, qui deviendra, dans le christianisme, le dogme et la base du mystère christique: il maintient, sensiblement affaibli, le thème de la chute d'Adam, sans en déduire, toutefois, la notion de "péché originel". Il voit en celui-ci une "illusion diabolique" - talbis Iblîs. D'une certaine façon, même, ce thème est inversé, la chute de Satan - Iblîs ou Shaitân - étant attribuée, dans le Coran (XVIII, 48), au refus de celui-ci de se prosterner, avec les Anges, devant Adam. Ainsi se trouvent repoussés à la fois l'idée centrale du christianisme, celle d'un rédempteur ou sauveur, et l'idée d'une médiation exercée par une caste sacerdotale. (RMM, 340-341)
Pureté absolue de la doctrine de l'Unité, exempte de toute trace d'anthropomorphisme et de polytheisme, intégration de chaque domaine de l'existence dans un ordre rituel, ascèse de l'action en termes de jihâd, capacité de modeler une "race de l'esprit": tels sont, successivement, les aspects de l'Islam qui retiennent l'attention d'Evola. Il écrit:
Le Divin étant conçu d'une façon purement monothéiste, sans "Fils", sans "Père", sans "Mère de Dieu", tout musulman apparaît directement relié à Dieu et sanctifié par la loi, qui imprègne et organise en un ensemble absolument unitaire toutes les expressions juridiques, religieuses et sociales de la vie. Ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le signaler, l'unique forme d'ascèse conçue par l'Islam des origines fut celle de l'action, sous la forme de jihâd, de "guerre sainte", guerre qui, en principe, ne doit jamais être interrompue, jusqu'à la complète consolidation de la loi divine. Et c'est précisément à travers la guerre sainte, et non par une action de prédication et d'apostolat, que l'Islam connut une expansion soudaine, prodigieuse, et forma non seulement l'Empire des Califes, mais surtout l'unité propre à une race de l'esprit - umma - la "nation islamique". (RMM, 341)
L'Islam, enfin, observe Evola, est une forme traditionnelle complète, en ce sens qu'il est doué d'un ésotérisme vivant et opératif qui peut fornir, à ceux qui possèdent les qualifications nécessaires, les moyens de parvenir à une réalisation spirituelle qui dépasse le but exotérique du "salut":
Enfin (...), l'Islam présente un caractère particulièrement traditionnel, complet et achevé, du fait que le monde de la Sharîah et de la Sunna, de la loi exotérique et de la tradition, trouve son complément, moins dans une mystique que dans de véritables organisations initiatiques - turuq - détentrices de l'enseignement ésotérique, le ta'wîl, et de la doctrine métaphysique de l'Identité suprême, Tawhîd. La notion de ma'sûm, fréquente dans ces organisations et, en général, dans la Shîa, notion relative à la double prérogative de l'ismâ, ou infaillibilité doctrinale, et de l'impossibilité, pour les chefs, les Imams visibles et invisibles, et les mujtahid, d'être entachés de faute, correspond à l'attitude d'une race demeurée intacte et formée par une tradition d'un niveau supérieur non seulement à l'hébraïsme, mais aussi aux croyances qui conquirent l'Occident. (RMM, 341-342)
Parmi tous ces thèmes, celui auquel est le plus directement sensible Julius Evola, étant donnée son "équation personnelle", est évidemment le thème de l'action, l'action sacralisée. Le régard d'Evola se fixe donc sur la notion de jihâd et sur sa double application, conformément au célèbre hadîth du Prophète: "Raja'nâ min al-jihâd al-açghar ilâ-l jihâd al akbar", c'est à dire: "Nous sommes revenus de l'effort mineur à l'effort majeur"; ou bien, si l'on préfère, "de la petite à la grande guerre sainte". Ce hadîth, qui fournit le titre pour un chapitre de Révolte contre le monde moderne ("La grande et la petite guerre sainte"), est ainsi commenté par Evola:
Dans la tradition islamique on distingue deux guerres saintes: la "grande guerre sainte" - el-jihâdul akbar - et la "petite guerre sainte" - el-jihâdul açghar - conformément à une parole du Prophète qui, de retour d'une expédition guerrière, déclara: "Nous voici revenus de la petite à la grande guerre sainte". La "grande guerre sainte" est d'ordre intérieur et spirituel; l'autre est la guerre matérielle, celle qui se livre à l'extérieur contre un peuple ennemi, en vue notamment d'inclure les peuples "infidèles" dans l'espace régi par la "loi de Dieu", dâr al-islâm.
La "grande guerre sainte" est toutefois à la "petite guerre sainte" ce que l'âme est au corps, et il est fondamental, pour comprendre l'ascèse héroïque ou "voie de l'action", de comprendre la situation où les deux choses se confondent, la "petite guerre sainte" devenant le moyen par lequel se réalise une "grande guerre sainte" et, vice-versa, la "petite guerre sainte" - la guerre extérieure - devenant presque une action rituelle qui exprime et atteste la réalité de la première. En effet, l'Islam orthodoxe ne conçut à l'origine qu'une seule forme d'ascèse: celle qui se relie précisément au jihâd, à la "guerre sainte".
La "grande guerre sainte" est la lutte de l'homme contre les ennemis qu'il porte en soi. Plus exactement, c'est la lutte du principe le plus élevé chez l'homme contre tout ce qu'il y a de simplement humain en lui, contre sa nature inférieure, contre ce qui est impulsion désordonnée et attachement matériel. (RMM, 175)
Ailleurs, Evola voit dans l'idée de jihâd une "tardive renaissance d'une hérédité aryenne primordiale", si bien que "la tradition islamique est ici à la place de la tradition aryo-iranienne" (DALV, 11).
En tout cas, la doctrine islamique de la petite et de la grande "guerre sainte" occupe dans l'oeuvre évolienne une position privilégiée et acquiert une valeur paradigmatique; elle exemplifie, en effet, et représente la conception générale que le monde de la Tradition rapporte à l'expérience guerrière et, plus largement, à l'action comme voie de réalisation. Les enseignements concernant l'action guerrière de divers milieux traditionnels sont donc envisagés à la lumière de leur coïncidence essentielle avec la doctrine di jihâd et sont exposés à l'aide d'une notion qui est, elle aussi, de dérivation islamique: la notion de "voie de Dieu" (sabîl Allâh):
Dans le monde de l'ascèse guerrière traditionnelle, la "petite guerre sainte", c'est-à-dire la guerre extérieure, s'ajoute ou se trouve même prescrite comme voie pour réaliser cette "grande guerre sainte", et c'est pourquoi, dans l'Islam, "guerre sainte" - jihâd - et "voie d'Allah" sont souvent employées comme synonymes. Dans cet ordre d'idées, l'action a rigoureusement la fonction et la fin d'un rite sacrificiel et purificateur. Les aspects extérieurs de l'aventure guerrière provoquent l'apparition de l'"ennemi intérieur" qui, sous forme d'instinct animal de conservation, de peur, d'inertie, de pitié ou de passion, se révolte et oppose une résistance que le guerrier doit vaincre, lorsqu'il descend sur le champ de bataille pour combattre et vaincre l'ennemi extérieur ou le "barbare".
Naturellement, tout cela présuppose l'orientation spirituelle, la "juste direction" - niyyah - vers les états supraindividuels de l'être symbolisés par le "ciel", le "paradis", les "jardins d'Allah", et ainsi de suite; autrement, la guerre perd son caractère sacré et se dégrade en une aventure sauvage aù l'exaltation se substitue à l'héroïsme vrai et où dominent les impulsions déchaînées de l'animal humain. (RMM, 176-177; cf. DALV, 12 et DF, 307-308).
Evola rapporte (dans la traduction italienne de Luigi Bonelli, légèrement remaniée par lui) toute une série de passages coraniques relatifs aux idées de jihâd et de "voie d'Allah" (RMM, 177-178). En outre il cite, à titre d'exemple et d'illustration, deux maximes: "Le paradis est à l'ombre des épées" et " Le sang des héros est plus proche de Dieu que l'encre des philosophes et les prières des dévots" (RMM, 184; cf. DF, 308). Or, si la première de ces deux maximes est effectivement un hadîth, la seconde, extraite peut-être de quelque étude orientaliste peu digne de foi, est en réalité on ne peut plus différente du hadîth rapporté par Suyûtî dans Al-jâmi' aç-çaghîr, qui dit textellement ainsi: "L'encre des savants et le sang des martyrs seront pesés au Jour de la Résurrection, et la balance penchera en faveur des savants".
Avant de passer aux formulations conférées à la doctrine de la "guerre sainte" dans des milieux traditionnels non islamiques (surtout l'Inde et le christianisme médiéval), Evola établit une analogie entre la mort que connaît le mujâhid et la mors triumphalis de la tradition romaine (RMM, 178); ce thème est repris plus loin, lorsque la capacité d'"immortalisation" attribuée à la victoire guerrière par certaines traditions européennes est mise en relation avec l'"idée islamique, selon laquelle les guerriers tués dans la 'guerre sainte' - jihâd - ne seraient jamais vraiment morts" (RMM, 199). Un verset coranique est cité à titre d'illustration: "N'appelez pas morts ceux qui furent tués dans la voie de Dieu; non, ils sont vivants, au contraire, même si vous ne vous en apercevez pas" (Coran, II, 149). Le parallèle spécifique est d'ailleurs retrouvé chez Platon (Resp. 468e), "selon lequel - rappelle Evola - certains morts, tués à la guerre, font corps avec la race d'or qui, selon Hésiode, n'est jamais morte, mais subsiste et veille, invisible" (RMM, 199).
Dans Révolte contre le monde moderne, il est un autre sujet qui permet certaines références à la doctrine de l'Islam: celui du chapitre "La Loi, l'État, l'Empire". Observant que "jusque dans la civilisation médiévale, la rebellion contre l'autorité et la loi impériale fut assimilée à l'hérésie religieuse et que les rebelles furent tenus, non moins que les hérétiques, comme des ennemis de leur propre nature, contredisant la loi de leur essence" (RMM, 51), Evola relève la présence d'une conception analogue en Islam et renvoie le lecteur à la IVe sourate du Coran, v. 111. Un autre rapprochement est ensuite établi entre la conception romano-byzantine, d'une part, qui oppose la lois et la pax de l'oecumène impérial au naturalisme des barbares - affirmant en même temps l'universalité de son droit -, et la doctrine islamique, de l'autre, puisqu'on trouve dans celle-ci, observe Evola, "la distinction géographique entre le dâr al-islâm, ou terre de l'Islam, gouvernée par la loi divine, et le dâr al-harb ou 'terre de la guerre', parce que sur cette dernière vivent des peuples qui doivent être intégrés à la première grâce au jihâd, à la 'guerre sainte'" (RMM, 59).
Dans le même chapitre, évoquant la fonction impériale d'Alexandre le Grand, vainqueur des hordes de Gog et Magog, Evola renvoie à la figure coranique de Dhû'l-Qarnayn, généralement identifié à Alexandre, et à ce que dit la sourate XVIII du Coran (RMM, 57).
Les analogies existant entre certains aspects de l'Islam et les éléments correspondant d'autres formes traditionnelles sont également relevées dans Le Mystère du Graal; mais, tandis que dans Révolte contre le monde moderne il s'agit de purs parallèles doctrinaux - où sont parfois comparées à l'Islam des formes traditionnelles qui n'ont jamais été en contact avec le monde musulman -, dans l'essai sur "l'idée impériale gibeline" les similitudes entre Islam et templarisme viennent, au contraire, s'insérer dans le cadre concret, historique, des rapports entretenus par des représentants de l'ésotérisme chrétien et de l'ésoterisme islamique. On peut considérer, a ce propos, le passage suivant:
On accusait en outre les Templiers d'avoir des intelligences secrètes avec les musulmans et d'être plus proches de la foi islamique que de la foi chrétienne. Il faut probablement interpréter cette dernière indication en tenant compte du fait que l'anti-christolâtrie était également une des caractéristiques de l'islamisme. Quant aux "intelligences secrètes", elles doivent nous apparaître comme synonyme d'un point de vue moins sectaire, plus universel, donc plus ésotérique que celui du christianisme militant. Les Croisades, où les Templiers et, d'une façon générale, la chevalerie gibeline jouèrent un rôle fondamental, créèrent malgré tout, à divers égards, un pont supratraditionnel entre l'Occident et l'Orient. La chevalerie croisée finit par se trouver en face d'une sorte de réplique d'elle même, c'èst-à-dire de guerriers ayant la même éthique, les mêmes coutumes chevaleresques, les mêmes idéaux d'une "guerre sainte", et, en outre, en face de veines ésotériques similaires. (MG, 188-189)
Puis, Evola passe à une description sommaire de ce qu'il appelle, improprement d'ailleurs, "l'Ordre arabe des Ismaéliens", à savoir le mouvement hétérodoxe qui fut très lié aux Templiers:
C'est ainsi - écrit Evola - qu'aux Templiers correspondit exactement, en Islam, l'Ordre arabe des Ismaélites, qui se considéraient aussi comme les "gardiens de la Terre Sainte" (également au sens ésotérique, symbolique) et avaient une double hiérarchie, l'une officielle, l'autre secrète. Et cet Ordre, avec son double caractère à la fois guerrier et religieux, courut le danger de connaître une fin analogue à celle des Templiers et pour un motif analogue: son fond initiatique et l'affirmation d'un ésotérisme méprisant la lettre des textes sacrés. Il est également intéressant de constater que, dans l'ésotérisme ismaélien, réapparaît le même thèm que celui de la légende impériale gibeline: le dogme islamique de la "résurrection" (qiyâma) est interprété ici comme la nouvelle manifestation du Chef Suprême (Imam) devenu invisible durant la période dite de l'"absence" (ghayba); car l'Imam, à un moment donné, avait disparu, se soustrayant à la mort, mais ses sectateurs restaient tenus de lui jurer fidélité et sujétion, comme à Allah lui-même. (MG, 189-190)
L'ésotérisme islamique est défini par Evola comme doctrine qui va même jusqu'à "reconnaître dans l'homme la condition dans laquelle l'Absolu devient conscient de lui-même, et qui professe la doctrine de l'Identité Suprême" (OO, 35-36), si bien que l'Islam apparaît comme:
un exemple clair et éloquent d'un système qui, bien qu'incluant un domaine strictement théiste, reconnaît une vérité et une voie de réalisation plus élévées, les éléments émotionnels et dévotionnels, l'amour et tout le reste perdant ici (...) toute signification "morale", et toute valeur intrinsèque, et acquérant seulement celle d'une technique parmi les autres. (OO, 36)
Or, l'ésotérisme islamique, avec les enseignements de ses maîtres et son univers de notions et de symboles, fournit à Evola des axes et références d'une certaine importance. En ce qui concerne symboles et notions, il faut souligner l'importance, dans l'oeuvre évolienne, accordée à la fonction polaire. Comme l'explique Evola, "au Proche-Orient" (mais il serait plus correct de dire en Islam), "le terme qutb, 'pôle', a désigné non seulement le souverain, mais, d'une manière plus générale, celui qui dicte la loi et qui est le chef de la tradition d'une certaine période historique" (R, 50). (Pour être précis, il faudrait dire que le qutb, le "pôle", représente le sommet de la hiérarchie initiatique). Or, tout un chapitre de Révolte contre le monde moderne, le troisième de la première partie, repose sur l'idée de cette fonction traditionnelle et emploie précisément les termes "pôle" et "pôlaire". L'étrange est que ce chapitre ne contient aucune référence explicite à la tradition islamique, tandis que, pour ce qui est des maîtres de l'ésotérisme islamique, les noms d'Ibn 'Arabi, Hallâj, Rûmî, Hâfez, Ibn Atâ', Ibn Farîd, 'Attâr sont mentionnés dans plusieurs écrits évoliens.
La première mention d'Ibn 'Arabî, ash-shaykh al-akbar (= doctor maximus), apparaît dans une glose d'Introduction à la Magie qui n'est pas signée, mais qui est certainement due à Evola: y est cité "le cas d'Ibn 'Arabî" afin d'illustrer l'"inversion des rôles par rapport à l'état où, la dualité étant créée, l'image divine incarnant le Moi supérieur est devant le mystique comme un autre être" (IaM, I, 71). Pour approfondir cette idée, Evola recourt au correspondant enseignement du Taçawwuf; après quoi, dans le même contexte, il rappelle que "la fin d'El Hallaj, qui est toutefois considéré comme l'un des principaux maîtres de l'Islam ésotérique (soufisme)", fut une conséquence de la divulgation du secret qui s'attache à la réalisation de la condition la plus élévée. Evola revient sur ce point en un autre endroit de son oeuvre, lorsqu'il écrit:
En réalité, si certains initiés dont personne ne niait la qualification furent condamnés et parfois même tués (le cas typique le plus souvent rappelé est celui d'Al Hallâj en Islam), cela eut lieu parce qu'ils avaient ignoré cette règle (celle du secret, N.d.A); il ne s'agissait donc pas d'"hérésie", mais de raisons pratiques et pragmatiques. Une maxime dit à ce sujet: "Que le sage ne trouble pas avec sa sagesse celui qui ne sait pas". (AM, 122)
L'autre brève allusion à Ibn 'Arabî contenue dans Introduction à la Magie est due, elle aussi, à Evola, qui, dans le texte intitulé Ésotérisme et mystique chrétienne et signé avec le pseudonyme de "Ea", remarque que manque dans l'ascèse chrétienne, malgré la discipline du silence, "la pratique du degré le plus intériorisé de cette discipline, qui ne consiste pas seulement à mettre un terme à la parole parlée, mais aussi à la pensée (le fait 'de ne pas parler avec soi-même' d'Ibn 'Arabî" (IaM, III, 281).
Dans Métaphysique du sexe, après avoir relevé que, dans l'Islam, "loi destinée à qui vit dans le monde, non à l'ascète" (MS, 262), est absente "l'idée de la sexualité comme quelque chose de coupable et d'obscène" (MS, 242), Evola relève qu'Ibn 'Arabî
en vient même à parler d'une contemplation de Dieu dans la femme, dans une ritualisation de l'étreinte sexuelle conforme à des valeurs métaphysiques et théologiques. (MS, 242)
Suivent deux longues citations des Fuçûç al-hikam (Les châtons de la Sagesse), dans la traduction due à Titus Burckhardt, dont voici la conclusion évolienne:
Dans cette théologie soufiste (sic) de l'amour, on doit voir seulement l'amplification et l'élévation à une conscience plus précise du monde rituel avec lequel l'homme de cette civilisation a plus ou moins distinctement assumé et vécu les rapports conjugaux en général, en partant de la sanctification que la Loi coranique confère à l'acte sexuel dans un régime non seulement monogamique, mais aussi polygamique. De là naît aussi le sens particulier que peut revêtir la procréation, entendue précisément comme l'administration du prolongement du pouvoir créateur divin existant dans l'homme. (MS, 243)
Un autre passage des Fuçûç al-hikam illustre, dans Métaphysique du sexe, la "clef de la technique islamique" (MS, 349), la quelle consiste à assumer "la dissolution à travers de la femme" en tant que symbole de l'extinction en la Divinité. Au même ordre d'idées se refère la signification des "Expériences chez les Arabes" de Gallus (pseud. de Enrico Galli Angelini), un texte compris dand Introduction à la Magie dont Evola cite quelques extraits relatifs aux "pratiques orgiaques pour des fins mystiques (...) attestés (...) dans l'aire arabo-persane" (MS, 347).
Dans ce que Gélâleddîn Rûmî dit à propos de la danse ("Celui qui connaît la vertu de la danse vit en Dieu, parce qu'il sait comment l'amour tue") (MS, 128), Evola distingue une autre "clef" des techniques initiatiques islamiques, "la clef des pratiques d'une chaîne, ou école, de mystique islamique, qui s'est continuée à travers les siècles et qui considère Gélâleddîn Rûmî comme son maître" (MS, 128).
Dans la poésie du soufisme arabo-persan, connue de lui à travers l'Antologia della mistica arabo-persiana de M.M. Moreno (Laterza, Bari 1951), Evola retrouve des thèmes qui, pour sa "métaphysique du sexe", ne manquent pas d'intérêt: l'application, par exemple, du symbolisme masculin à l'âme de l'initié, si bien que, comme il écrit,
la divinité (...) est considérée comme une femme une femme: elle n'est pas l'"épouse céleste", mais la "Fiancée" ou l'"Amante". Ainsi, par exemple, chez Attâr, Ibn Fârid, Gélâleddîn el-Rûmî, etc. (MS, 277, note 1).
Dans la poésie soufique, Evola trouve également l'idée de l'amour comme "force qui tue" le moi individuel, idée découverte par lui chez Rûmî et Ibn Fârid.
A une technique caractéristique du soufisme, le dhikr, est consacrée une glose d'Introduction à la Magie que nous pensons pouvoir attribuer à Evola. Celle-ci relève en particulier la correspondance entre une telle technique islamique, et le mantra hindou et la répétition des noms divins pratiquée par l'hésychiasme (IaM, I, 396-397). Cette glose cite Al-Ghazâlî, dont certaines affirmations sont citées à d'autres pages du même ouvrage attribuables avec sûreté à Evola (IaM, II, 135-136 et 239).
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Encore plus enrichissante fut la rencontre d'Evola et de l'hermétisme islamique: en fait, parmi tous les auteurs musulmans le plus cité dans l'oeuvre d'Evola est Geber, c'est à dire Jâbir ibn Hayyân. A propos du rôle joué par les hermétistes de l'Islam, Evola écrit:
Entre le VIIe et le XIIe siècle, il s'est avéré qu'elle (la tradition hermético-alchimique) existait chez les Arabes qui, à cet égard aussi, servirent d'intermédiaires pour la reprise, par l'Occident médiéval, d'un héritage plus ancien de la sagesse pré-chrétienne. (MG 223)
Dans son étude plus spécialement consacrée à la tradition hermétique, Evola utilise de très nombreuses citations extraites de textes musulmans recueillis par Berthelot et Manget. Il privilégie, nous l'avons dit, Geber: mais ceci n'a rien d'étonnant, compte tenu de la masse énorme du corpus gébérien; Râzî est également mentionné et un certain nombre de livres anonymes sont cités, parmi lequels la célèbre Turba Philosophorum, traduite en italien dans le seconde volume d'Introduction à la Magie.
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Comme on sait, une grande partie de l'oeuvre d'Evola se base sur certains enseignements traditionnels devenus accessibles au plus grand nombre à la suite de l'exposé qu'en a fait René Guénon. Evola s'est donc en grande partie appuyé sur l'oeuvre de ce dernier, reprenant des conceptions qui y étaient développées et les adaptant souvent à sa propre "équation personnelle". Or, compte tenu de l'appartenance de Guénon à l'Islam et de la filiation islamique de certains enseignements fondamentaux, perceptibles dans l'oeuvre de Guénon, il n'est pas hors de propos de considérer ce qu'écrit Evola quant à l'intégration de Guénon à la tradition islamique:
Guénon était convaincu que subsistaient en Orient, malgré tout, des groupes encore dépositaires de la Tradition. Sur le plan pratique, il entretint des rapports directs avant tout avec le monde islamique où des filons initiatiques (soufis et ismaélites) continuaient à circuler parallèlement à la tradition exotérique (c'est-à-dire religieuse). Et il s'islamisa à outrance. S'étant établi en Égypte, il avait reçu le nom de sheikh Abdel Wahîd Yasha (sic) et même la nationalité égyptienne. Il épousa en secondes noces une Arabe. (LD, III, 4, 22)
Et encore:
Dans le cas de Guénon, ce rattachement (initiatique) a dû principalement se réaliser - comme nous l'avons dit - avec des "chaînes" islamiques. Mais à celui qui n'a pas d'inclination à s'en remettre à des musulmans ou à des Orientaux, Guénon ne propose pas grand'chose. (R, 212)
Le "cas de Guénon" a donc induit Evola à reconnaître qu'existent, aujourd'hui encore et malgré tout, des possibilités de rattachement initiatique; en plus, Evola affirme que, dans les conditions actuelles, le choix de l'Islam comme voie traditionnelle est pratiquement obligatoire pour ceux qui adhèrent à la doctrine traditionnelle dans sa formulation guénonienne et ne veulent pas se contenter de la théorie.
D'ailleurs, Evola avait encore plus nettement affirmé, à propos des centres initiatiques:
Il est certain qu'il en existe encore, bien que l'Occident ne soit guère concerné ici et bien qu'il faille, dans ce domaine, se tourner vers le monde musulman et l'Orient. (VdT, I, 3, 120; puis dans AM, 253)
Un problème qu'Evola évoque dans ce contexte, concerne le rapport existant entre les centres initiatiques et le cours de l'histoire. Il est formulé comme suit:
Le cors de l'histoire est généralement interprété comme une involution et une dissolution. Or, face aux forces qui agissent en ce sens, quelle est la position des centres initiatiques? (AM, 253)
Ce problème implique également l'Islam, puisqu'Evola dit:
Par exemple, il est certain qu'existent en terre d'Islam des organisations initiatiques (celles des soufis), mais leur présence n'a pas du tout empêché l'"évolution" des pays arabes dans une direction anti-traditionnelle, progressiste et moderniste, avec toutes les conséquences inévitables de ce phénomène. (AM, 254)
Une telle question avait été posée par Evola dans le cadre d'une correspondance avec Titus Burckhardt, qui, en connaissance de cause, lui avait "fait remarquer que des possibilités de ce genre (c'est à dire traditionnelles, n.d.r.) subsistaient dans des régions non européennes" (CC, 204). Nous ignorons si, et comment, l'écrivain suisse avait répondu aux objections d'Evola; en tout cas, on pourrait faire observer avant tout que les "pays arabes", avec lesquels Evola semble identifier la "terre d'Islam", ne constituent en réalité que la dixième partie du monde musulman, de sort qu'il n'est pas correct de faire coïncider leur "évolution" avec le développement dela situation générale de la ummah islamique.
Mais surtout, quand bien même les "centres initiatiques (soufis)" ne s'opposeraient pas, par leur action, au processus général d'involution, il serait toutefois arbitraire d'affirmer que leur fonction est illusoire, comme le fait Evola lorsqu'il évoque ces échanges polémiques avec des milieux qui se font encore des illusions sur les possibilités offertes par les "restes traditionnels" existant dans le monde actuel. (CC, 203)
En fait, le rattachement à des centres initiatiques - dont procède toute transmission régulière d'influences spirituelles - constitue l'unique solution possible pour quiconque entend réagir à la tendance involutive du monde moderne: tendance inexorable puisque soumise aux rigoureuses lois cycliques qui régissent la manifestation. C'est le propre du rattachement à un centre initiatique - et, grâce à lui, au centre suprême - d'assurer la continuité de la transmission des influences spirituelles pour toute la durée du présent cycle d'humanité et donc permettre la participation au monde de l'Esprit jusqu'à la fin du cycle. Dans une telle perspective, c'est le propre du processus d'involution que de se révéler "illusoire": en fait, celui-ci ne concerne que la manifestation - laquelle, compte tenu de son caractère fondamentalement contingent, ne représente rigoureusement rien vis-à-vis de l'Absolu.
Claudio MUTTI
SIGLES DES OEUVRES DE JULIUS EVOLA CITÉES DANS LE TEXTE
RMM = Révolte contre le monde moderne, éd. de l'Homme, Montréal-Bruxelles 1972.
DALV = La doctrine aryenne de lutte et de victoire, éd. Totalité, Puiseaux 1979.
DF = Diorama, Europa, Roma 1974.
MG = Le mystère du Graal et l'idée impériale gibeline, Villain et Belhomme - Éd. Traditionnelles, Paris 1970.
OO = Orient et Occident, Arché, Milano 1982.
R = Ricognizioni. Uomini e problemi, Edizioni Mediterranee, Roma 1974.
IaM = Introduzione alla Magia, 3 voll., Edizioni Mediterranee, Roma 1971.
AM = L'arc et la massue, Trédaniel-Pardès, Paris-Puiseaux 1984.
MS = Metafisica del sesso, Edizioni Mediterranee, Roma 1969.
LD = René Guénon e il "tradizionalismo integrale", "La Destra", a. III, n. 4, avril 1973.
VdT = I centri iniziatici e la storia, "Vie della Tradizione", a. I, n. 3, juillet-septembre 1971.
CC = Le chemin du cinabre, Arché-Arktos, Milano-Carmagnola 1983.12:11 Publié dans :: Islâm et Penseurs européens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Evola, islam, jihad, tradition
20 avril 2007
L'idolâtrie
par Théophile.
Toutes les doctrines traditionnelles orthodoxes, purement métaphysiques ou religieuses sont unanimes à ce sujet : le principe de l'existence est Un. C'est particulièrement évident en ce qui concerne les 3 religions abrahamiques : judaïsme, christianisme et islamisme. Ca l'est un peu moins en ce qui concerne ce qu'on appelle improprement "polythéisme". Le pur polythéisme n'a existé que dans les formes décadentes de certaines doctrines, ou celle-ci, par incompréhension, perdait de vue l'Unité dans laquelle se résolvait nécessairement la multiplicité des dieux. C'est uniquement à cette phase de décadence que le terme polythéisme correspond. C'est à ce titre qu'il est d'ailleurs condamné en tant qu'idolâtrie, ce qu'il est effectivement devenu, par involution. Ainsi, les dieux, légitimes personnifications des différents attributs de Dieu deviennent des êtres indépendants, et de symboles de la Réalité ( qui est métaphysique, "au-delà" de la matière, donc au-delà de la multiplicité de la matière ) ils deviennent eux-mêmes cette réalité. Alors que le but de toutes doctrines est de fournir à l'homme les moyens d'accomplir son destin, qui est, d'une certaine manière, le retour au Principe, à l'Unité, le polythéisme joue le rôle inverse et enchaîne les hommes à la multiplicité; il devient un ferment de décomposition tirant les hommes vers le bas, vers la quantité pure, le Chaos.
Le Principe est Un, nécessairement Un puisque sans cela, le monde serait Chaos. Une statue, sans unité préalable, ne serait que de la poussière. Le Principe est Un, mais l'existence, qui est la manifestation de ce Principe, est une « sortie » hors du Principe, hors de l'Unité, et une « chute » dans la multiplicité. D'un point de vue temporel, cette « chute » peut être vue comme un éloignement progressif de l'Unité principielle, une « matérialisation progressive », un rapprochement avec le Chaos. Historiquement, cela se traduit par l’importance que prends de plus en plus la quantité sur la qualité. Cela est flagrant dans tout les domaines de la vie quotidienne ; l’égalitarisme, la démocratie, l’usure, ou la production et consommation de masse, les guerres modernes, ou même les sentiments, la réflexion … On pourrait multiplié sur des pages les domaines où la quantité l’emporte aujourd’hui sur la qualité.
Les doctrines traditionnelles, avons-nous dis, on pour but de reconduire l’homme à son unité principielle. Mais si la fin est la même pour toutes, le commencement diffère parfois tellement, qu’un œil profane peut y voir des enseignements sans aucun rapport, ou même contradictoires. Ces différences sont dues à ce que nous expliquions à l’instant, c'est-à-dire que le « temps » est qualitativement différent selon la plus ou moins grande proximité avec le Principe. Cela est à plus forte raison, le cas également pour les hommes qui vivent en ces temps-là. Une époque qui serait bien antérieur à une autre, sera marquée par une plus forte tendance à l’Unité. Une doctrine née en des temps semblables peut, sans risquer de perdre de vue le Principe Un, multiplier les dieux. Mais la même doctrine, en des temps plus marqués par une tendance chaotique, perdra immanquablement, aux yeux du plus grands nombres ( ceux qui sont, par nature, les plus susceptibles d’être influencés par ces choses qui leur sont extérieures, comme les déterminations qualitatives du temps, dont nous parlons présentement ) l’Unité qui en était le socle, dégénèrera en idolâtrie et renforcera la tendance qui était celle de l’époque, la tendance à la multiplicité, jouant ainsi le jeu des forces contre lesquelles elle est sensée lutter, lutte qui est sa raison même d’être.
Avec ces éléments, l’on comprend mieux la condamnation de l’idolâtrie qui est celle des religions abrahamiques. Et si ce sont ces dernières qui ont été les plus virulentes contre elle, c’est parce qu’elle n’a jamais été aussi prête de mener le monde à sa perte. A notre époque (qui est la dernière de ce cycle, donc la plus éloigné de son origine, de l’unité principielle, et qui est donc également la plus proche du début du cycle suivant, donc d’un retour, d’une réintégration dans le Principe) c’est la tendance à la multiplicité, la tendance chaotique qui règne incontestablement. C’est parce que l’époque tend avec des forces toujours croissantes vers la multiplicité pure, le Chaos, que l’Islam, dernière religion révélée de ce cycle a affirmé catégoriquement l’Unité absolue du Principe, que l’Islam condamne avec autant de fermeté la négation du Principe Un, c'est-à-dire « l’association », qui est le terreau de l’idolâtrie.
La première phrase que prononce le fidèle à son entrée en Islam est « La ilaha illa’lah », Nulle divinité si ce n’est Dieu. Loin d’être la marque d’un quelconque exclusivisme religieux, qui poserait donc l’existence d’autres divinités susceptibles d’adoration, c’est l’affirmation absolue de l’Un, affirmation dont le développement logique est pour le croyant au final la pleine réalisation qu’il n’existe rien sinon Dieu. A ce niveau, qui est celui de rares saints, il prend pleinement conscience que l’affirmation même de son ego est un péché d’association, que l’homme est condamné à l’idolâtrie jusque ce qu’il s’en débarrasse et réintègre l’Un, ou selon la terminologie islamique, s’éteint en Dieu, qui est source de toute Perfection.
Mais ce sont là des sommets qui sont, pour le commun des hommes, inaccessibles. Cependant, ils doivent être un but vers lequel tout homme doit tendre. C’est ce but qui donne un sens à la vie, c’est en vue de la réalisation de ce but que Dieu, dans sa Miséricorde, a multiplié tout au long de l’histoire des hommes, les révélations, les rappels, les doctrines, qui sont autant de voies vers l’Un.
Plotin, fils spirituel du divin Platon, disait : « Notre Patrie est le lieu d’où nous venons, et notre Père est là-haut ». C’est à notre tour, aujourd’hui, de tenter l’ascension pour regagner notre Patrie. Seuls réussiront ceux qui auront tranchés les liens d’ici-bas avec l’épée du La ilaha illa’lah , ceux qui auront, dans leur coeur abattus toutes les idoles, comme le Prophète le fit autours de la Kaabah, ceux qui pourront, avec lui, dire en totale sincèrité : « La Vérité est venue et l’erreur s’est dissipée ! En vérité l’erreur était inconsistante ! »
13:54 Publié dans :: ad-Din ul-Qayyim | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : un, polythéisme, idole, idolâtrie
18 avril 2007
Consignes de vote du P.M.F.
PARTI des MUSULMANS de FRANCE
Consignes de vote pour la présidentielle 2007
Communiqué du 7 avril 2007
L'élection présidentielle de 2007 est un rendez-vous politique déterminant pour l'avenir de la France. Elle opposera douze candidats validés par le Conseil constitutionnel. Le « système » ne permettra l'accès à la magistrature suprême qu'à l'un des trois candidats suivants : Nicolas Sarkosy, Ségolène Royal et François Bayrou. Ils ne sont ni de droite, ni de gauche et ils n'apporteront aucune solution aux défis que notre nation aura à relever. Pour s'en rendre compte, il n'y a qu'à constater le cynisme avec lequel chacun aborde sa campagne électorale et observer les moyens qu'il déploie pour être, coûte que coûte, le nouveau locataire du palais de l'Elysée.
Le candidat dit de l'UMP, très réputé pour ses dérives et ses excès, est sans conteste le plus dangereux de tous. Sa haine viscérale pour tout ce qui est faible, donc « inférieur », révèle à quel point il reste un personnage fragile. Le Ministère de l'intérieur qu'il a tardivement quitté aura été son meilleur soutien pour combler ses nombreuses lacunes, liées pour l'essentiel à sa peur d'un nouvel échec. Sans retenue, il ose parler d'identité, lui qui est fasciné par un certain Bush, un autre fragile aux mains souillées de sang et avec insolence, il s'en prend aux immigrés, lui le naturalisé de parents hongrois dont l'un et le fils d'un Grec.Le plus inquiétant est la liste des ralliements autour de sa personne. Ils sont politiciens, journalistes, écrivains, intellectuels et artistes de gauche, de droite et de nulle part, tous unis, telle une tribu autour de leur chef pour le soutenir avec leurs tripes. Sa victoire, censée faire avancer leur cause commune, explique l'admiration qu'ils vouent à leur leader qu'ils n'hésitent plus à présenter comme étant le « sauveur » de la France. De quoi ? On a du mal à l'imaginer.En réalité ce « messie » n'a qu'un objectif : concrétiser le programme occulte qu'il a concocté avec les siens. En retour, il saura les gratifier. La République - depuis la Révolution - est aussi une monarchie qui ne dit pas son nom.
Quant à la candidate du PS, réputée pour son arrogance et ses méthodes, elle est loin d'apporter les changements que le pays attend. Pas plus que les « éléphants » de son clan, véritables gardiens de l'idéologie girouette d'un parti qui ne doit sa survie qu'à ses fabuleux moyens financiers, fruits de l'héritage d'un passé sauvé par une auto-amnistie qui en dit long sur des méthodes plus proches de la mafia que d'un Etat de droit. Ces faux socialistes ont toujours eu un faible pour l'argent, la richesse est aussi leur chasse gardée. Avec de tels antécédents, ils n'ont pas de scrupules pour solliciter les voix de gauche et venir appliquer, une fois revenus aux affaires, une politique de droite.Dans ce contexte, leur candidate ne peut que servir de repoussoir pour protéger le pays d'un sarkosisme encore plus dévastateur.
Reste le candidat anti-système, du système ! François Bayrou. Gonflé par les sondages un temps, il ressemble aux papillons qui ne vivent qu'une saison. Si le système devait lui ouvrir les portes du pouvoir, il se renierait une énième fois. L'opportunisme et l'hypocrisie, une culture politique très centriste, ont bien fermenté chez cet agriculteur agrégé qui se permet - sans toupet - de vomir un système qui l'a si bien engraissé, trente années durant. Loin d'être un révolutionnaire, ce prétendu modeste sait qu'il aura besoin du système pour exercer le pouvoir, de même qu'il n'ignore pas que son élection apporterait au pays plus d'incertitudes que de réformes. Quant à la cohabitation à laquelle il appelle déjà, elle augure de l'instabilité dans laquelle il compte plonger le pays. Ce serait alors une cohabitation voulue et non subie, qui ferait de ce centriste tout terrain un responsable non coupable. Rêver du pouvoir sans avoir de bilan à assumer, voilà une ambition inspirée du système ! Un comble.
C'est pourquoi le Parti des Musulmans de France appelle ses électeurs à ne pas apporter leurs voix à ces trois candidats. Libres à chacun de choisir entre les autres postulants, sans perdre de vue les candidatures satellites de Buffet, Voynet et Besancenot : alliés du PS et celle du mythomane De Villiers : allié de l'UMP.
Mohamed Ennacer Latrèche
Président
12:36 Publié dans :: Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, Parti des musulmans de France
13 avril 2007
Pourquoi Le Pen ?
Un fichier audio mettant les choses au clair :
Pourquoi il est dans l'interêt de la ummah islamiya de voter Le Pen.
Un grand merci à Abourayan de l'excellent site Himaya.
15:44 Publié dans :: Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Marie Le Pen, islam, musulman
10 avril 2007
Monothéisme et Non-Dualité
Ces considérations préliminaires sont nécessaires pour dire maintenant que nous n’envisageons pas le terme de « monothéisme » dans le sens traditionnel le plus général, maisen un sens plus restrictif et particulier, où il ne désigne que les traditions abrahamiques, quiapparaissent précisément à un moment de l’Histoire, où les hommes s’éloignent du Divin au point que plus rien dans la Manifestation ne peut servir de support de révélation au Divin.Ainsi, par exemple, si Dieu, en cette fin d’Age de Fer, se manifestait aux hommes sous laforme d’un Ange, les hommes Le prendraient réellement pour un Ange, qu’ils se mettraient à diviniser et à adorer comme s’il s’agissait là véritablement de Dieu. Cela est dû à l’ignoranceconcernant l’idée de Dieu, pourtant la plus claire de toutes, la plus élevée de toutes, qui n’estautre que celle de l’Infini.
Or cette forme traditionnelle par laquelle Dieu élimine tout intermédiaire entre Lui et les hommes, se traduit dans la pratique par la distinction entre un adorant et un adoré, et donc,de la part de l’adorant, par la servitude. C’est un terme à résonance islamique, mais qui peuts’appliquer aux traditions abrahamiques en général. Dieu est considéré en un certain sens comme distinct de la Manifestation, puisque rien en elle ne peut servir de support à sarévélation. Dieu exerce sa divinité sur la Manifestation. Le Divin est conçu comme Seigneur,comme Roi, comme Maître, et les hommes – ou les créatures en général – comme serviteurs et comme esclaves. Le Seigneur exerce sa seigneurie sur son serviteur ; ainsi Dieu exerce sadivinité sur ses créatures. Cependant, cette forme traditionnelle semble être en désaccord avecla doctrine hindoue de la non-dualité, en instaurant une distinction et une séparation infranchissable entre l’Incréé et le créé. Cette opposition peut être soulignée par les nomsmêmes qui désignent ces conceptions. En effet, quand on parle de non-dualité, c’est pour direque celle-ci est précisément au-delà de l’unité et de la multiplicité. En revanche, le
monothéisme se fonde sur l’idée d’unité.
Certains veulent se tirer de cette difficulté en arguant que cette conception du Divin est exotérique, et que la doctrine de la non-dualité est ésotérique. Donc il n’y a pas de conflitpuisque chaque doctrine se situe à son niveau de réalité propre dans lequel elle a toute salégitimité. Or, même si cela peut être en partie vrai, c’est là une façon de voir qui ne va pas au fond des choses, et en reste à une compréhension superficielle des traditions abrahamiques.
Enfin, sur la question du péché, il est faux de dire que seuls les sages des traditionsthéistes s’en prémunissent. De plus, si les sages semblent se prémunir contre le péché, ce n’estpas tant pour eux-mêmes, que pour les créatures en général. Cela est en rapport avec laréalisation descendante et le voeu de bodhisattva. Le sage qui se prémunit contre le péché lefait avant tout pour ne pas troubler l’ordre cosmique – auquel il n’est certes plus soumis –, cequi ne manquerait pas de créer des désordres aux niveaux microcosmique et macrocosmique.C’est donc par compassion envers les créatures que le sage agit conformément à l’ordre. Inutile de rappeler ici que la Compassion, ou la Miséricorde, est un Attribut Divin. Celamontre bien à quel point le sage a atteint l’Identité Suprême, puisque la réalisationdescendante vient parachever la réalisation ascendante en totalisant tous les degrés de
13:38 Publié dans :: ad-Din ul-Qayyim | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tradition primordiale, islam, guénon, monothéisme, unité, Dieu
Nietzsche et l'Islam selon Iqbal
10:16 Publié dans :: Islâm et Penseurs européens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nietzsche, islam, iqbal
08 avril 2007
Musulmans : Votez Le Pen !
Les sionistes sont au pouvoir en France, avec leurs complices socialo-communistes et leurs alliés franc-maçons. Et beaucoup d'entre vous les ont aidés avec leur bulletin de vote! Compatriotes Musulmans! on vous a trompés.
Ne croyez pas la propagande socialo- sioniste qui prétend vous défendre contre le racisme quand leur "Dieu" Israël traite les arabes du moyen-orient comme des animaux.
Compatriotes Musulmans!
La France n'est pas dirigée par de vrais français, mais par les domestiques de l'internationale sioniste qui contrôlent l'économie. Les conditions dans lesquelles vous êtes souvent obligés de survivre avec vos familles!
Vos pères se sont fièrement battus pour libérer la France de l'occupation nazie. Aidez-nous maintenant à libérer ce pays de l'occupation sioniste!
Compatriotes Musulmans!
En dépit de quelques militants de base manipulés et dont le comportement imbécile est surmédiatisé par les sionistes, LE PEN n'est pas anti-arabe.
Bien au contraire! - Souvenez-vous de son discours de Député à la tribune de l'Assemblée Nationale, le 29 janvier 1958:
"J'affirme, que dans la religion musulmane rien ne s'oppose, au point de vue moral, à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire. Sur l'essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D'autre part, je ne crois pas qu'il existe plus de race algérienne qu'il n'existe de race française. Il y a une collectivité que les us et coutumes ancestraux séparent à la fois du monde moderne et de la collectivité d'origine métropolitaine. Aux musulmans, offrons l'entrée et l'intégration dans une France dynamique, dans une France conquérante. Au lieu de leur dire comme nous le faisons maintenant : "Vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau, disons leur : nous avons besoin de vous. Vous êtes la jeunesse de la nation. "
- En 1956, lors des événements de Suez, M. Le Pen, qui était à l'époque lieutenant en Algérie, a fait partie du corps expéditionnaire envoyé en Egypte par le gouvernement "socialiste". C'est lui qui, au moment d'enterrer les corps des musulmans tués, a eu l'idée et a donné l'ordre à ses soldats de tourner les sépultures vers La Mecque afin de respecter les traditions musulmanes.
- En 1958, pendant les événements d'Algérie, M. Le Pen a été le premier à présenter à Paris la candidature d'un musulman à une élection législative partielle, celle de Ahmed Djebbour. C'est d'ailleurs en défendant son ami Ahmed Djebbour qu'il sera grièvement blessé à l'Ïil.
- JM LE PEN est le seul dirigeant politique français à s'être clairement opposé à la guerre que les américano-sionistes ont menée contre l'Irak, berceau de la civilisation arabe,
- JM LE PEN et sa famille sont les seuls à avoir clairement condamné l'embargo criminel imposé à l'Irak par la saloperie sioniste qu'est devenue l'ONU, - L'épouse de JM LE PEN dirige l'une des rares associations françaises qui essaient d'empêcher le sacrifice de centaines de milliers d'enfants irakiens innocents sur l'autel de l'arrogance américano-sioniste.
- La fille de JM LE PEN (Marine), est l'Avocat d'un algérien de 40 ans dont elle a empêché l'expulsion de France à trois reprises. -
JM LE PEN n'est pas raciste. C'est un français qui lutte pour liberer la France de l´occupation juive - comme vous lutter pour liberer vos pays de cette occupation -, ce qui est normal. On vous dit souvent que LE PEN a été soldat en Algérie et qu'il y a fait la guerre, mais qui a envoyé là bas des centaines de milliers de soldats français pour la répression? C'est le gouvernement du juif "socialiste" Pierre Isaac "MENDES-FRANCE" (fils de M. Cerf David et de Mme Palmyre Sarah Can) qui donnait les ordres (12/11/54: "On ne transige pas").
Et c'est MITTERRAND, Ministre de l'Intérieur (19/06/54) et grand ami d'Israël (mars 1982: les juifs "ont conquis Canaan non pour leur compte mais pour celui de Dieu"), qui avait pris les décrets scélérats qui ont conduit à l'emprisonnement, à la torture et à l'exécution de centaines de milliers de musulmans.
- c'est le Mossad qui a assassiné (voiture piégée) le 18 mars 1978 le Professeur François DUPRAT (membre du Front National) à cause du soutien qu'il apportait aux arabes opprimés de Palestine à travers son association France-Palestine.
Compatriotes Musulmans!
Ne vous laissez pas manipuler par les mensonges des sionistes, de leurs alliés socialo-communistes et francs-maçons qui veulent se battre contre le Front National jusqu'au dernier "beur", alors que c'est le premier parti politique français à avoir eu des élus arabes! Compatriotes Musulmans!
Mr JM LE PEN milite pour liquider les forces du mal qui veulent asservir la France comme elles ont asservi la Palestine et de nombreux autres Etats, comme les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse ou... le Vatican qui ont capitulé sans conditions devant le chantage du sionisme international.
JM LE PEN combat pour restaurer l'indépendance politique de la France, à en faire un pays fort, puissant et véritablement indépendant, pour aider le monde arabe opprimé à briser à son tour les chaînes diaboliques du sionisme!
Kamal KHAN, sur Radio Islam.
18:39 Publié dans :: Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Marie Le Pen, musulmans, présidentielle
Des musulmans pour Le Pen
11:46 Publié dans :: Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le pen, présidentielles, musulmans, islam
02 avril 2007
Lettre du Prophète à Héraclius
11:39 Publié dans :: Ahadith | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hadith, prophète, islam, conversion
