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19 avril 2008

L'intégrité islamique

Sauvegarder l'essentiel 

 extrait de L'intégrité islamique, de Charles-André Gilis (Abd ar-Razzaq Yahya)

 

 

L’affinité profonde de l’intégration et de l’intégrisme – deux noms jumeaux pour deux politiques jumelles – se marque dans leur acceptation commune de la division du monde en nations et en Etats. D’un côté, les musulmans au pouvoir se préoccupent d’avantage de l’intégrité des frontières que de celle de l’islâm ; de l’autre, les partisans de l’intégration considèrent comme un fait accompli le morcellement de la communauté islamique puisqu’ils acceptent les conditions et les statuts définis pour eux par chaque Etat. Dans l’attente de jours meilleurs, la préoccupation essentielle nous paraît devoir être de perpétuer les rites de l’islâm et du tasawwuf de la façon la plus complète et la plus traditionnelle possibles, et de s’efforcer d’échapper aux contraintes imposées par les puissants. S’agissant de l’islâm en général, l’intégrisme peut apparaître comme la meilleure alternative, en dépit des objections que nous avons formulées, mais il n’en va pas nécessairement ainsi pour la pratique du tasawwuf, souvent plus menacée par les musulmans au pouvoir que dans les Etats « laïques » ou « neutres » en matière de religion. Quant aux musulmans qui vivent dans les pays occidentaux, ils doivent nécessairement accepter des compromis. Le Prophète lui-même n’a-t-il pas dit qu’un temps viendrait où nul ne pourrait échapper à la « poussière de la riba », c’est-à-dire du prêt à intérêt, de manière au moins indirecte ? L’essentiel, pour les croyants, est qu’il n’y ait pas d’«intégration des coeurs » [1] et que ces compromis soient acceptés dans un esprit de patience et de sagesse, car il n’y a « ni puissance, ni force, si ce n’est par Allâh, l’Elevé, l’Immense. »

 

[1] La notion d’intégration contient l’idée fausse que l’islâm est une religion étrangère. Seul Ordre révélé destiné à l’ensemble des hommes, l’islâm est chez lui partout. Affirmer le contraire revient à considérer les musulmans d’origines occidentale comme étant des étrangers dans leur propre pays. C’est plutôt l’essence de la religion traditionnelle qui a cessé d’avoir droit de citer en Occident. Ce que les Occidentaux veulent à tout prix « intégrer », c’est-à-dire domestiquer, ce n’est pas l’islâm, c’est la religion.

16 avril 2008

Pourquoi l'Islam ?

"A chacun sa culture".
Le seul problème c'est qu'il n'y en a plus en Europe, de culture. Parce que l'Occident moderne, fondé sur des mensonges (athéisme, humanisme, individualisme, matérialisme, ...) n'a jamais pu produire une culture.
Il reste bien quelques vestiges d'époques glorieuses passées, mais ce ne sont plus rien que des formes vides de sens. Il ne faut pas s'y attacher comme à des idoles, sous peine de finir comme ces vestiges d'anciens grands peuples, aujourd'hui complètement dégénérés que sont les "primitifs", plus proches des animaux que des hommes.

Tous les anciennes civilisations avaient pour but d'élever l'homme, pour lui rendre sa grandeur primordiale; c'est impossible de s'élever en s'attachant à des idoles mortes.
Il n'y a plus qu'une religion pour emprunter la voie des Anciens, et s'élever comme ils le firent : l'Islam.

Vous n'avez plus le choix, ou bien vous êtes fidèles aux idées de vos ancêtres, qui avaient tous à coeur de s'élever le plus possible, au point d'en faire le sens de la vie, et alors vous entrer en Islam, puisque c'est maintenant le seul chemin qui permet cette élévation.
Ou bien vous n'avez rien compris à ce qui fit l'essence et la grandeur des glorieuses civilisations du passé, et vous restez attachés à des résidus, certes parfois magnifiques mais spirituellement stériles, sinon pire, jusqu'à déchoir completement du statut d'homme, et finir comme ces sauvages adorant pierres, arbres et animaux, sans même plus savoir pourquoi ...

Le choix, pour quelqu'un animé par le même esprit que nos glorieux Anciens, est vite fait : Islam, et c'est tout.
Et les autres se sont égarés sur des chemins sans fin.

15 avril 2008

Bush aussi aime la "Voltaire de l'Islam"

Le Plan B n°13, avri-mai 2008



Dans l'esprit de ses chaperons français, la cause d'Ayaan Hirsi Ali ne saurait se confondre avec celle du droit d'asile. Pas une fois la question de l'accueil réservé aux étrangers persécutés - population dont se réclame l'ex-députée néerlandaise exilée à Washington - n'a été évoquée au meeting de l'ENS [voir Le Plan B n°13, avri-mai 2008]. Hors sujet. Les demandeurs d'asile n'étant pas tous victimes de l'islamisme, leur sort indiffère les insurgés mondains. La mesure d'exception réclamée par le PPA [ndr: Parti de la Presse et de l'Argent] s'appuie sur un argument plus noble : Ayaan Hirsi Ali incarnerait les valeurs de laïcité qui font la gloire éternelle de la France. "Cette grande dame, cette insoumise [...] lutte pour le triomphe non seulement de la laïcité, mais de la laïcité à la française, s'enflamme BHL dans Libération (11.02.08), elle plaide pour les mêmes valeurs de tolérance que Voltaire et [pour] le modèle de citoyenneté tel que l'ont inventé, avec Voltaire, les promoteurs des Lumières françaises." Dans Charlie Hebdo, Coraline Fourest (dont BHL est l'éditeur chez Grasset) sanctifie "la Voltaire de l'Islam" : "Il est temps de comprendre qu'Ayaan a autant besoin de nous que nous avons besoin d'elle."(6.2.08)
Mais le "besoin" de se procurer une martyre ne tiraille pas que BHL ou Charlie Hebdo. Il y a un an, la "Voltaire de l'Islam" étaut recrutée par l'Americain Enterprise Institute (AEI), un lobby ultraconservateur qui a inspiré ses exploits irakiens à George Bush. Elle y côtoie Newt Gingrich (mascotte de la droite religieuse américaine), Richard Perle (ancien vice-secrétaire à la Défense), Reuel Marc Gerecht (ex-spécialiste du Moyen-Orient à la CIA), Lynne Cheney (épouse du vice-président Dick) ou encore l'ex-PDG d''ExxonMobil, Lee Raymond. "Mes collègues et leurs épouses n'ont eu pour moi que gentillesse, générosité et amitié", les a remerciés l'insoumise" ("Coming to America", 26.7.07).
Encadrée par ces militants de la "laïcité à la française", Ayaan Hirsi Ali peut laisser librement s'épanouir ses valeurs de tolérance. Sur le site internet de l'AEI, elle explique ce que doit être "le rôle du journalisme aujourd'hui" : promouvoir la "guerre des idées qui oppose les valeurs de l'Occident à celles de l'Islam." "Vous [les journalistes]devriez cesser de vous auto-censurer. L'Islam et la démocratie libérale sont incompatibles. [...] Si nous ne comprenons pas les différences entre l'Occident et l'Islam - pourquoi l'un est si grand et l'autre si vil -, si vous renonçons à contre-attaquer et à gagner la bataille des idées pour préserver notre civilisation, il n'y a selon moi aucune justification à votre métier ni au mien." (19.5.07)
Les voltairiens de la Maison-Blanche se laisseront-ils chiper leur perle rare par une escadrille d'éditorialistes français ? Le Plan B retient son souffle.

Voltaire en char d'assaut

Julien Jauffret dans Le Choc du Mois n° 21, avril 2008,
source : Wonderland 



Ex-député néo-conservateur somalo-néerlandais, Ayaan Hirsi Ali veut obtenir la nationalité française après avoir été chassée comme une malpropre de son pays d'accueil. La République est généreuse avec le fanatisme.

Allez savoir pourquoi, sa conception des Lumières ressemble étrangement à la lampe braquée sur les suspects dans les commissariats. « Tu vas cesser de croire, dis salaud! » Il faut dire que Ayaan Hirsi Ali, collabo de choc de l'Occident universaliste, ne fait pas dans la dentelle. Lorsqu'elle évoque la démocratie, la laïcité ou la libération de la femme, on croit entendre en fond sonore comme un bruit de bottes. Notre Voltaire en jarrettelles est du genre à libérer les croyants malgré eux. À affranchir les « arriérés » de la tradition contre leur gré. À remettre dans le droit chemin de la raison à grands coups de pompes dans le cul. D'ailleurs, on l'imaginerait bien, un jour d'exaltation, se nouer la Déclaration des droits de l'homme autour de la taille avant de se faire sauter le caisson dans une mosquée!
Tout avait pourtant bien commencé pour elle. En 1992, échappée de la Somalie en guerre et d'un mariage forcé, elle obtient le droit d'asile aux Pays-Bas. Naturalisée en 1997, elle est élue députée travailliste l'année suivante. Les attentats du 11 septembre 2001 réveillent en elle une haine de l'islam dont elle se découvre la première victime. Elle vire athée militante mais se fait exclure du parti travailliste et adhère au parti libéral dont elle sera élue député en 2002. Elle fait adopter un projet de loi réprimant l'excision au plat pays et commence à se persuader « qu'aucune cohabitation n'est possible entre l'islam et l'Occident ».
C'est l'époque où, entre autre facéties, elle qualifie Mahomet de pervers, de pédophile et de terroriste et collabore au docu-pamphlet de Théo Van Gogh qui exhibe notamment des femmes nues tatouées de sourates du Coran. Mais les Musulmans n'ayant pas encore appris à dire merci lorsqu'ils se font cracher à la gueule, un fou de Dieu poignarde le pauvre Van Gogh en pleine rue en novembre 2004. Entre le couteau et le bide de l'arrière-petit-neveu du peintre, la liste des procains assassinés commence par le nom d'Ayaan Hirsi Ali. Débandade. Madame « la députée » s'enfuit aux États-Unis en couinant et se fait embaucher à l'American Enterprise Institute, un think tank néo-conservateur, les Pays-Bas continuant d'assurer sa protection.
Las, en mai 2006, un documentaire de la télé batave révèle que lors de sa demande d'asile, Ayaan Hirsi Ali a menti sur à peu près tout: son âge, son nom (elle s'appelle Ayaan Hirsi Magan) et surtout la légitimité de l'asile qu'elle réclamait. Car si la « Voltaire noire », comme l'appellent les imbéciles, est bien née en Somalie, elle a quitté ce pays vers 10 ans et vivait depuis entre le Canada et l'Allemagne, après dix ans passés dans la paix au Kenya où il n'a jamais été question d'un mariage forcé. Scandale. En terre calviniste, le mensonge étant un très gros péché, Ayaan Hirsi Ali perd toute crédibilité et les Hollandais cessent bientôt d'assurer sa protection après lui avoir retiré son passeport.
C'est alors que Zorro est arrivé. A l'initiative de Charlie Hebdo, passé de la déconnade gauchiste inconsistante au plus poisseux des robespierrisme, un « manifeste des douze » est signé le 1er mars 2006. Guest star; Ayaan Hirsi Ali. « Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux... », ânonnent très sérieusement les néo-résistants, menés par la pasionaria Caroline Fourest qui met semble-t-il un point d'honneur à plonger la tête de ses contemporains dans le fumier dès que ces derniers se mettent à contempler les étoiles de manière trop insistante.
L'ex-député devient une icône laïque. Des tas de demi-folles sortent du bois, « écrivaines » ratées, hystéro-libérées, cartésiennes louches, sans compter la ribambelle des paumées, qui, ayant reçu un jour une claque sur le museau, entendent le faire savoir au monde entier. « Ayaan Hirsi Ali, ma sœur », pleurnichent de reconnaissance les Chahdortt Djavan et autres Taslima Nasreen de service tandis que Salman Rushdie, preuve vivante de l'incompétence des islamo-barbus, salue « la première réfugiée d'Europe occidentale depuis l'Holocauste ». Pas moins.
Enfin, reconnaissance suprême, toujours à l'initiative de Fourest, une grande messe et organisée le 10 février 2008 à Paris, au cours de laquelle Ayaan Hirsi Ali reçoit des mains du grand prêtre Lanzmann le prix Simone de Beauvoir! Enorme. La France sarkozyste, qui traque sans relâche le Chinois « sans papiers » de Belleville, accepte le principe d'une naturalisation de la cartésienne de choc, tandis que le secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade évoque « la France éternelle de 1789, de Hugo, de Zola, de Ni putes ni soumises », faisant croire l'espace d'un instant à la possibilité d'une hallucination auditive dantesque.
« L'islam est incompatible avec les principes de la démocratie », retiennent généralement ceux et celles qui ne prennent pas la peine d'écouter jusqu'au bout celle qui ajoute aussitôt après: « Le christianisme est également incompatible avec la démocratie ». Nous y voilà. Car Ayaan Hirsi Ali n'a pas seulement la haine de l'islam chevillée au corps. Elle a celle de toutes les religions, ou presque, et milite pour l'interdiction de toute forme d'enseignement privé à caractère religieux. « On ne naît pas arriéré, avec une religion dans la tête [...] Le seul moyen d'empêcher des adultes de croire que, hors de l'islam, il n'y a point de vérité, c'est de mettre fin aux écoles religieuses musulmanes ou chrétiennes », déclarait-elle encore récemment à L'Express.
On notera au passage « la religion dans la tête », du grand style fadelamarien qui semble décidément être l'apanage de ces néo-illétrées ayant décidé une bonne fois pour toutes que la seule espérance permise ici-bas était celle de se rapprocher de la condition du chien. Idéal exquis qui aurait probablement fait vomir Voltaire, le vrai, de rage et de dégoût.

 
 
 
 
 

11 avril 2008

Le sens du Jihad !

extrait de Qu'est-ce que le soufisme ?, de Martin Lings
 
 
 
"Dans de nombreux versets, les sens extérieur et intérieur s’appliquent à des domaines très différents. Un jour, au retour d’une bataille contre les infidèles, le Prophète dit: «Nous sommes revenus de la petite Guerre saint à la grande Guerre sainte.» Ses compagnons demandèrent: «Qu’est-ce que la grande Guerre sainte?» et il répondit: «La guerre contre l’âme.» On trouve ici la clé du sens intérieur de tous les versets du Coran se rapportant à la Guerre sainte et aux infidèles. Admettons que ce dire du Prophète apporte quelque chose à chacun, et la plupart des musulmans pourraient prétendre avoir l’expérience de la lutte contre les infidèles de l’intérieur, c’est-à-dire contre les éléments rebelles et non musulmans [insoumis à Dieu] de l’âme. Mais résister de temps en temps à la tentation est une chose, et faire la guerre en est une autre. La grande Guerre sainte dans son sens plénier est le soufisme, ou, plus précisément, elle en est un aspect et ne regarde que les soufis. Le Coran déclare: «Combattez les idolâtres totalement» (IX, 36), et ailleurs: «Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition, et que la religion soit toute à Dieu» (VIII, 39). Cela, seul le mystique est capable de le réaliser intérieurement, et lui seul sait ce que cela veut dire de maintenir une opposition méthodique contre ses propres possibilités inférieures et de porter la guerre dans le territoire de l’ennemi, de manière que l’âme soit tout entière «à Dieu». C’est à cause des dangers de cette guerre qu’aucun ésotérisme n’est aisé d’accès. En fait, mais non de propos délibéré, l’exotérisme est un état de trêve avec des escarmouches occasionnelles et livrées de façon décousue; et il est bien préférable de demeurer exotériste que de susciter toute la fureur de l’ennemi [du diable] et, ensuite, d’abandonner la lutte, laissant les possibilités inférieures envahir l’âme."

10 avril 2008

Profession de foi d'Abd al Qadir al Jilani

[1] Bismillahi r-rahmani r-rahim

[2] La louange est à Allah qui a modalisé le comment et s'est exalté au-dessus de la modalité.

[3] Il localisa le lieu et se rendit inaccessible à la localisation.

[4] Il est trouvé en toute chose, mais échappe par Sa Sainteté à toute circonstance de temps et de lieu.

[5] Il est présent auprès de toute chose tout en s'élevant au-dessus du fait « d'être-avec » ('indiyya).

[6] Il est le commencement de toute chose, mais ne connaît pas de fin.

[7] Si tu demandes « où ? », tu Le cherches dans le lieu.

[8] Si tu demandes : « comment ? », tu Le cherches dans la modalité.

[9] Si tu demandes : « quand ? », tu Le renfermes dans la temporalité.

[10] Si tu affirmes «Il n'y a pas », tu Le prives de l'être.

[11] Si tu dis « si », tu Lui renvoies l'imperfection.

[12] Si tu demandes « pourquoi », tu t'opposes à Lui dans Sa Puissance royale.

[13] Gloire à Lui et exalté soit-Il.

[14] Il ne peut être devancé par une antériorité, ni être rattrapé par quelque chose d'ultérieur, ni être à une similitude, ni être rapproché d'une apparence de forme.
[15] Il n'est point abaissé par une complémentarité, ni connu par une corporéité.

[16] Gloire à Lui et exalté soit-Il !

[17] S'Il était une forme (chabah), Il serait connu quantitativement.

[18] S'Il était un corps (jism), Il aurait une constitution composite.

[19] Non, Il est Unique (wahid) contrairement à l'affirmation de ceux qui Lui attribuent un fils (banawiyyah). Il est transcendant (samad) contrairement à ce qu'imaginent les idolâtres. Il n'a pas de similitude (matal) au contraire de ce qu'avancent les insensés. Il n'est point analogue à Sa Parole contrairement à ce que disent les hérétiques qui cherchent à Le décrire.

[20] Rien ne se meut, dans le bien ou le mal, dans le secret ou ouvertement, sur la terre ferme ou dans l'océan, sans Sa Volonté ; contrairement à ce que disent les Qadariyya. Sa Puissance ne peut être égalée, Sa Sagesse n'a pas de limite, ce qui dément les propos des Hadaliyyah.

[21] Ses Droits sont nécessairement respectés et Son Argument est irrésistible. Nul n'a aucun droit sur Lui et ne peux Lui demander des comptes, lorsqu'Il interroge, en dépit du credo des Nizaimiyyah. Il est Juste et ne peut être injuste dans Ses Décrets. Il est Véridique, ne contredit jamais Ses Déclarations. Il parle par un discours éternel. Il n'y a pas de créateur de Sa Parole.

[22] Il a révélé le Qur'ân, stupéfiant les maîtres de l'éloquence par son agencement ; balayant les arguments des Muradiyyah.

[23] Notre Seigneur couvre les défauts et pardonne les péchés de celui qui se repent. Et si quelqu'un retourne à son péché, après le repentir, les péchés du passé ne seront pas pris en compte, par commisération pour l'être humain.

[24] Il est loin de toute falsification et trop saint pour être injuste.

[25] Nous professons qu'Il accorde entre eux les coeurs des croyants et qu'Il égare les mécréants, en opposition à la croyance des Hachimiyyah.

[26] Nous reconnaissons que les libertins de cette communauté sont meilleurs que les Juifs, les Chrétiens et les Zoroastriens en réponse aux Ja'fariyyah.

[27] Nous reconnaissons qu'Il se voit lui-même comme Il voit autrui, qu'Il entend tout appel, qu'Il est conscient de toute chose cachée, en opposition aux Ka'biyyah.

[28] Il a créé ses créatures dans la meilleure nature immaculée (fitra) puis les a projetées, en toute indépendance, dans la ténèbre du gouffre. Il les ramènera à leur premier état, contrairement à la croyance des Dahriyyah.

[29] Lorsqu'Il les réunira pour le Jour du Jugement, Il se manifestera à Ses amis qui le verront par la vue physique comme l'on voit la lune. Il ne sera pas voilé, sauf de ceux qui nient la possibilité de cette vision comme les Mu'tazilites.

[30] Comment pourrait-Il se voiler à Ses amis ou les garder devant son voile, alors que Ses Promesses éternelles de la rencontre ont déjà été proclamées toujours : « Ô toi âme pacifiée, retourne à ton Seigneur satisfaite et agréée » (Qur'an, sourate n°8, verset 28.)

[31] Penses-tu que dans le Paradis tu te contenteras des houris ? ou des parures de soie ?

[32] Comment le fou de Layla (Majnûn Laylà) pourrait-il être heureux sans Layla al-'Amiriyya" ? Comment les amoureux pourraient-ils trouver le repos sans le souffle des arômes ambrés (venant de Sa Présence) ? Comment des corps liquéfiés par la réalisation de la « 'ubudiyya » (servitude) pourraient-ils ne pas connaître le bonheur de s'asseoir dans Sa Proximité ('indya) ? Comment ceux qui veillèrent les nuits opaques (passées dans Son souvenir) ne jouiraient-ils pas de Sa contemplation apaisante ? Comment des coeurs ayant savouré le lait de l'Amour (divin) pourraient-ils ne pas boire le vin seigneurial ? Comment des esprits, ayant connu la prison des corps sensibles, ne se repentiraient-ils pas dans les jardins sacro-saints, pour se repaître dans ces champs sublimes et boire aux sources qui étanchent toute soif ? Ils y parviennent au terme de leur intense nostalgie et trouvent l'explication de leur plainte. Le Juge des amoureux se dresse alors ouvertement et tranche la question.

[33] Lors de la rencontre de leur Seigneur, c'est Lui qui commence par leur adresser la salutation. Il leur ordonne d'entrer dans les Paradis de l'Eden.

[34] Mais ils s'y refusent et ils jurent qu'ils ne désirent pas regarder un autre que Lui, ni avoir une autre intention. Ils n'acceptent rien des mondes créés. Leurs demandes ne sont pas orientées vers le bas. Ils n'ont quitté les jouissances de cette vie que pour atteindre cette union sublime. Que l'échanson qui fait circuler le vin leur serve un verre dont la Pureté découle de Sa pureté. Boisson bienheureuse !

[35] Et si (la coupe) s'éloigne des convives, elle revient tous les matins et soirs, augmentant leur nostalgie des lumières de Son Apparition radieuse.

[36] Par Ta Vérité ! l'oeil auquel Tu ne montres pas Ta Splendeur, est malheureux. Tu as anéanti par Ta Beauté tous les amoureux. Au nom de la Passion que l'on éprouve pour toi, sois prévenant avec tes sujets ! Des coeurs se liquéfient littéralement par nostalgie pour toi et la passion n'en laisse rien subsister.

[37] Si je goûte, mais sans avoir encore atteint mon but, je n'oublie pas la recommandation de ta passion Je n'ai jamais désespéré, ô mon Dieu, même lors de la perdition, que Ta Bienveillance n'efface ma faute.

[38] Comment pourrait-il y avoir refus (de Sa part), ô mes frères, alors que dans les moments qui précèdent l'aube il y a des instants seigneuriaux, des allusions célestes et des parfums angéliques ?

[39] La preuve de la véracité de l'affaire gît dans les chants des oiseaux, avec leurs mélodies « davidiennes » [cad si belles qu'elles rappellent les merveilleux chants du prophète Dâwud] ; dans le bruissement de l'eau dans les jardins, dans la danse des branches des arbres, revêtues de leurs parures Paradisiaques. Tout cela n'est que soumission et reconnaissance de son Unicité (wahdâniyya).

[40] Ô gens de l'amour ! Le Vrai se manifeste (tajallà) au moment de l'aube (suhur). Il appelle : « Y a-t-il des repentants pour que je leur accorde un repentir agrée ? Y a-t-il quelqu'un qui demande Mon Pardon, pour que Je lui remette tous ses péchés ? Y a-t-il quelqu'un qui cherche l'obtention de bienfaits, pour que Je lui en prodigue avec abondance ? ».

[41] Les esprits, lorsqu'ils retrouvent leur pureté, irradient Sa Joie. Ils deviennent indifférents aux divers états et tout malheur leur est facile à supporter.

[42] Assurément, l'odeur exhalée par leurs larmes est toute parfumée ; et par leur patience face à certaines séparations, ils ont mérité de rejoindre les degrés élevés. Leurs propos sont certifiés auprès des diverses catégories d'amoureux et fidèlement rapportés avec leurs chaînes de transmission, d'une génération à l'autre. Ils demeurent en paix, leurs affaires sont accomplies sans demandes de leur part. Le cadeau du Vrai (hubb) s'avère évident.

[43] Quels beaux chemins empruntés [à la suite d'hommes véridiques] et quelle sublime doctrine, fondée sur les principes des écoles hanafite, châfi'ite, mâlikite et hanbalite.

[44] Qu'Allah nous protège de tous ceux qui « ont divisé » (farraqu) et se sont donc écartés [de l'orthodoxie] (maraqu) aussi rapidement qu'une flèche quitte l'arc. Puisse Allâh nous compter tous aux nombres de ceux qui possèdent de hautes salles construites au-dessus d'eux !

[45] Qu'Allah déverse Sa Grâce sur notre seigneur Muhammad la plus noble des créatures, et sur sa famille et ses compagnons. Qu'Il les privilégie de la plus auguste salutation. qu'Il les salue d'un salut abondant, perpétuellement renouvelé chaque soir et matin.

[46] Et la louange est à Allah, le Seigneur des Mondes.

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