16 avril 2008
Pourquoi l'Islam ?
Le seul problème c'est qu'il n'y en a plus en Europe, de culture. Parce que l'Occident moderne, fondé sur des mensonges (athéisme, humanisme, individualisme, matérialisme, ...) n'a jamais pu produire une culture.
Il reste bien quelques vestiges d'époques glorieuses passées, mais ce ne sont plus rien que des formes vides de sens. Il ne faut pas s'y attacher comme à des idoles, sous peine de finir comme ces vestiges d'anciens grands peuples, aujourd'hui complètement dégénérés que sont les "primitifs", plus proches des animaux que des hommes.
Tous les anciennes civilisations avaient pour but d'élever l'homme, pour lui rendre sa grandeur primordiale; c'est impossible de s'élever en s'attachant à des idoles mortes.
Il n'y a plus qu'une religion pour emprunter la voie des Anciens, et s'élever comme ils le firent : l'Islam.
Vous n'avez plus le choix, ou bien vous êtes fidèles aux idées de vos ancêtres, qui avaient tous à coeur de s'élever le plus possible, au point d'en faire le sens de la vie, et alors vous entrer en Islam, puisque c'est maintenant le seul chemin qui permet cette élévation.
Ou bien vous n'avez rien compris à ce qui fit l'essence et la grandeur des glorieuses civilisations du passé, et vous restez attachés à des résidus, certes parfois magnifiques mais spirituellement stériles, sinon pire, jusqu'à déchoir completement du statut d'homme, et finir comme ces sauvages adorant pierres, arbres et animaux, sans même plus savoir pourquoi ...
Le choix, pour quelqu'un animé par le même esprit que nos glorieux Anciens, est vite fait : Islam, et c'est tout.
Et les autres se sont égarés sur des chemins sans fin.
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28 juin 2007
Islam et fausses polémiques : Une menace pour les valeurs chrétiennes fondatrices de l'Europe ?
par Nasruddin
Aujourd'hui bien des attitudes qui sont devenues propres aux musulmans, l'étaient il y a encore quelques siècles à l'ensemble des Gens du Livre.
A ce propos, caractéristique est la fausse polémique autours du "voile islamique" menaçant, selon certains de ses détracteurs, les valeurs "chrétiennes" fondatrices de la "civilisation occidentale". A ceci près que la civilisation occidentale est l’exacte antithèse de ce que le christianisme dans ses formes orthodoxes a pu produire durant l'âge d'or du christianisme, le moyen âge féodal. Et les seules valeurs chrétiennes dont peut se prévaloir l'occident sont celles qui dominent dans ce pôle civilisationnel que sont les Etats-Unis : les valeurs protestantes. Le protestantisme, basé sur l'individualisme et le matérialisme, est une doctrine anti-traditionnelle dont la fonction a été de saper de l'intérieur les bases doctrinales du christianisme, Orthodoxe aussi bien que Catholique. L'Orthodoxie, dans son rôle de garante de la tradition chrétienne originelle, a pu résister à la déviation protestante, mais le Catholicisme paya le prix du schisme de 1054, et, bien que ne tombant pas dans le piège protestant, poursuivit sa décadence pour aboutir à la forme qu'il a aujourd'hui, une religion où les dogmes ne sont plus respectés, où l'idéologie moderne du progressisme l'emporte sur le respect des traditions des Pères de l'Eglise, où même l'essence divine du Christ n'est plus reconnue. C'est tout juste s'ils n'attendent pas les dernières révélations scientifiques pour enfin admettre pleinement l'existence historique de Jésus.
Pour en revenir précisément à ce "voile", nous ajouterons qu'il n'a rien de proprement islamique. D'une façon toute superficielle, nous jetterons simplement un oeil sur ce que portent les nonnes encore aujourd'hui. Ensuite nous renvoyons les lecteurs à ce passage du premier épître aux Corinthiens de Saint Paul, où il est dit : « toute femme qui prie ou qui prophétise, la tête découverte, déshonore sa tête… » (I Cor. 11,5)
De ce point de vue, effectivement, les valeurs islamiques sont opposées aux valeurs occidentales. Tout comme le serait les valeurs chrétiennes du moyen-âge. On nous objectera que ces valeurs sont vieilles de plusieurs siècles, que les temps ont évolués, que nous sommes plus civilisés que nos ancêtres et qu'à leurs croyances et superstitions, nous substituons des connaissances fondées scientifiquement. Ce sont là des préjugés nés de courrants de pensées anti-traditionnels, courrants dont les Lumières ont été une des formes, sinon la plus destructrice, au moins celle dont l'influence est la plus évidente de nos jours.
Faisons ici une légère digression à propos d'une de ces théories modernes irréconciliables avec le christianisme comme avec toutes les traditions, l'évolutionnisme. Irréconciliable, disons-nous, malgré tout les efforts et toutes les contorsions intellectuels de certains esprits malveillants ou simplement aveuglés, qui veulent à tout prix accorder les textes bibliques (ou même coraniques) avec les découvertes scientifiques les plus à la mode, montrant par là qu'ils accordent plus d'importance à des théories toutes humaines qu'aux textes sacrés de la religion dont ils se réclament. Ces derniers temps, nous constatons le retour en Europe de la polémique autours de l'évolutionnisme par le biais de certains courants intellectuels islamiques, qui y opposent la doctrine créationniste coranique, qui, dans la forme, est peu différente de celle de l'Ancien Testament, et dans le fond exactement identique. Cette polémique n'a été vu par les défenseurs de la "civilisation occidentale héritière des valeurs chrétiennes" que comme une preuve supplémentaire des conceptions rétrogrades et arriérés dont l'islam est à leurs yeux porteur. Il ne semble pas être venu à l'esprit de ces gens-là de remercier ces musulmans qui contribuent à détruire une des contre-vérités les plus monstrueuses de notre époque. Contre-vérité, faut-il le rappeler, en flagrante contradiction avec la religion même dont ils se prétendent les héritiers et même les défenseurs.
17:42 Publié dans :: Islamophobie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, voile, christianisme, évolution, europe
14 juin 2007
Influence de la civilisation islamique en Occident
Article tiré du recueil d'articles de René Guénon, Apercus sur l'ésotérisme islamique et le taoisme, publié originellement dans la revue El Marifah, et traduit de l'arabe pour être publié dans la revue Etudes Traditionnelles, en 1950.
Par exemple, s’il est généralement connu que l’Espagne est restée sous la loi islamique pendant plusieurs siècles, on ne dit jamais qu’il en fut de même d’autres pays, tels que la Sicile ou la partie méridionale de la France actuelle. Certains veulent attribuer ce silence des historiens à quelque préjugés religieux. Mais que dire des historiens actuels dont la plupart sont sans religion, sinon adversaires de toute religion, quand ils viennent confirmer ce que leurs devanciers ont dit de contraire à la vérité ?
Il faut donc voir là une conséquence de l’orgueil et de la présomption des Occidentaux, travers qui les empêchent de reconnaître la vérité et l’importance de leurs dettes envers l’Orient.
Le plus étrange en cette occurrence c’est de voir les Européens se considérer comme les héritiers directs de la civilisation hellénique, alors que la vérité des faits infirme cette prétention. La réalité tirée de l’histoire même établit péremptoirement que la science et la philosophie grecques ont été transmises aux Européens par des intermédiaires musulmans. En d’autres termes, le patrimoine intellectuel des Hellènes n’est parvenu à l’Occident qu’après avoir été sérieusement étudié par le Proche-Orient et n’étaient les savants de l’Islam et ses philosophes, les Européens seraient restés dans l’ignorance totale de ces connaissances pendant fort longtemps, si tant es qu’ils soient jamais parvenus à les connaître.
Il convient de faire remarquer que nous parlons ici de l’influence de la civilisation islamique et non spécialement arabe comme on le dit quelquefois à tort. Car le plupart de ceux qui ont exercé cette influence en Occident n’étaient pas de race arabe et si leur langue était l’arabe, c’était seulement une conséquence de leur adoption de la religion islamique.
Puisque nous sommes amenés à parler de la langue arabe nous pouvons voir une preuve certaine de l’extension de cette même influence en Occident dans l’existence de termes d’origine et de racine arabe beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit généralement, incorporés dans presque toutes les langues européennes et dont l’emploi s’est continué jusqu’à nous, encore que beaucoup parmi les européens qui s’en servent ignorent totalement leur véritable origine. Comme les mots ne sont autre chose que le véhicule des idées et le moyen d’extériorisation de la pensée, on conçoit qu’il soit extrêmement facile de déduire de ces faits la transmission des idées et des conceptions islamiques elles-mêmes.
En fait, l’influence de la civilisation islamique s’est étendu dans une très large mesure et d’une manière sensible à tous les domaines, science, arts, philosophie, etc. L’Espagne était alors un milieu très important à cet égard et le principal centre de diffusion de cette civilisation. Notre intention n’est pas de traiter en détail chacun de ces aspects ni de définir l’aire d’extension de la civilisation islamique, mais seulement d’indiquer certains faits que nous considérons comme particulièrement importants, bien que peu nombreux soient à notre époque ceux qui reconnaissent cette importance.
En ce qui concerne les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences naturelles et les sciences mathématiques. Pour les premières, nous savons avec certitude que certaines d’entre elles ont été transmises par la civilisation islamique à l’Europe qui les lui emprunta d’une façon complète. La chimie par exemple, a toujours gardé son nom arabe, nom dont l’origine remonte d’ailleurs à l’Égypte ancienne, et cela bien que le sens premier et profond de cette science soit devenu tout à fait inconnu des modernes et perdu pour eux.
Pour prendre un autre exemple, celui de l’astronomie, les mots techniques qui y sont employés dans toutes les langues européennes sont encore pour la plupart d’origine arabe,et les noms de beaucoup des corps célestes n’ont pas cessé d’être les noms arabes employés tels quels par les astronomes de tous les pays. Ceci est dû au fait que les travaux des astronomes grecs de ‘antiquité, tels que Ptolémée d’Alexandrie, avaient été connus par des traductions arabes en même temps que ceux de leurs continuateurs musulmans. Il serait d’ailleurs facile de montrer en général que la plupart des connaissances géographiques concernant les contrées les plus éloignées d’Asie ou d’Afrique ont été acquises pendant longtemps par des explorateurs arabes qui ont visité de très nombreuses régions et on pourrait citer beaucoup d’autres faits de ce genre.
Pour ce qui a trait aux inventions qui ne sont que des applications des sciences naturelles, elles ont également suivi la même voie de transmission, c’est-à-dire l’entremise musulmane, et l’histoire de « l’horloge à eau » offerte par le Khalife Haroun-el-Rachid à l’empereur Charlemagne, n’a pas encore disparu des mémoires.
En ce qui concerne les sciences mathématiques, il convient de leur accorder une attention particulière sous ce rapport. Dans ce vaste domaine, ce n’est pas seulement la science grecque qui a été transmise à l’Occident par l’intermédiaire de la civilisation islamique, mais aussi la science hindoue. Les Grecs avaient aussi développé ma géométrie, et même la science des nombres, pour eux, était toujours rattachée à la considération de figures géométriques correspondantes. Cette prédominance donnée à la géométrie apparaît clairement, par exemple dans Platon. Il existe cependant une autre partie des mathématiques appartenant à la science des nombres qui n’est pas connue, comme les autres sous une dénomination grecque dans les langues européennes, pour la raison que les anciens Grecs l’ont ignorée. Cette science est l’algèbre, dont la source première a été l’Inde et dont l’appellation arabe montre assez comment elle a été transmise à l’Occident.
Un autre fait qu’il est bon de signaler ici malgré sa moindre importance, vient encore corroborer ce que nous avons dit, c’est que les chiffres employés par les Européens sont partout connus comme chiffres arabes, quoique leur origine première soit en réalité hindoue, car les signes de numération employés originairement par les Arabes n’étaient autres que les lettres de l’alphabet elles-mêmes.
Si maintenant nous quittons l'examen des sciences pour celui des arts, nous remarquons que, en ce qui concerne la littérature et la poésie, bien des idées provenant des écrivains et des poètes musulmans, ont été utilisées dans la littérature européenne et que même certains écrivains occidentaux sont allés jusqu'à l'imitation pur eet simple de leurs oeuvres. De même, on peut relever des traces de l'influence islamique en architecture, et cela d'une façon toute particulière au Moyen Age; ainsi, la croisée d'ogive dont le caractère s'est affirmé à ce point qu'elle à donné son nom à un style architectural, a incontestablement son origine dans l'architecture islamique, bien que de nombreuses théories fantaisistes aient été inventées pour dissimuler cette vérité. Ces théories sont contredites par l'existence d'une tradition chez les constructeurs eux-mêmes affirmant constamment la transmission de leurs connaissances à partir du Proche-Orient.
Ces connaissances revêtaient un caractère secret et donnaient à leur art un sens symbolique; elles avaient des relations très étroites avec la science des nombres et leur origine première a toujours été rapportée à ceux qui bâtirent le Temple de Salmon.
Quoi qu'il en soit de l'origine lointaine de cette science, il n'est pas possible qu'elle ait été transmise à l'Europe du Moyen Age par un intermédiaire autre que celui du monde musulman. Il convient de dire à cet égard que ces constructeurs constitués en corporations qui possédaient des rites spéciaux, se considéraient et se désignaient comme étrangers en Occident, fût-ce dans leur pays natal, et que cette dénomination a subsisté jusqu'à nos jours, bien que ces choses soient devenues obscures et ne soient plus connues que par un nombre infime de gens.
Dans ce rapide exposé, il faut mentionner spécialement un autre domanie, celui de la philosophie, où l'influence islamique atteignit au Moyen Age une importance si considérable qu'aucun des plus acharnés adversaires de l'Orient ne saurait en méconnaître la force. On peut dire véritablement que l'Europe, à ce moment, ne disposait d'aucun auter moyen pour arriver à la connaissance de la philosophie grecque. Les traductions latines de Platon et d'Aristote, qui étaient utilisées alors, n'avaient pas été faites directement sur les originaux grecs, mais bien sur des traditions arabes antérieures, auxquelles étaient joints les commentaires des philosophes musulmans contemporains, tel qu'Averroès, Avicenne, etc.
La philosophie d'alors, connue sous le nom de scolastique, est généralement distingué en musulmane, juive et chrétienne. Mais c'est la musulmane qui est à la source des deux autres et plus particulièrement de la philosophie juive, qui a fleuri en Espagne et dont le véhicule était la langue arabe ,comme on peut le constater par des oeuvres aussi importantes que celles de Moussa-ibn-Maimoun qui a inspiré la philosophie juive postérieure de plusieurs siècles jusqu'à celle de Spinoza, où certaines de ses idées sont encore très reconnaissables.
Mais il n'est pas nécessaire de continuer l'énumération de faits que tous ceux qui ont quelque notion de l'histoire de la pensée connaissent. Il est préférable d'étudier pour terminer d'autres faits d'un ordre tout différent, totalement ignorées de la plupart des modernes qui, particulièrement en Europe, n'en ont pas même la plus légère idée; alors qu'à notre point de vue ces choses présentent un intérêt beaucoup plus considérable que toutes les connaissances extérieurs de la science et de la philosophie. Nous voulons parler de l'ésotérisme avec tout ce qui s'y rattache et en découle en fait de connaissance dérivée, constituant des sciences totalement différentes de celles qui sont connues des modernes.
En réalité, l'Europe na' de nos jours rien qui puisse rappeler ces sciences, bien plus, l'Occident ignore tout des connaissances véritables telles que l'ésotérisme et ses analogues, alors qu'au Moyen Age il en était tout autrement; et, en ce domaine aussi, l'influence islamique à cette époque apparaît de la façon la plus lumineuse et la plus évidente. Il est d'ailleurs très facile d'en relever les traces dans des oeuvres aux sens multiples et dont le but réel était tout autre que littéraire.
Certains Européens ont eux-mêmes commencé à découvrir quelque chose de ce genre notamment par l'étude qu'ils ont faite des poèmes de Dante, mais sans arriver toutefois à la compréhension parfaite de leur véritable nature. Il y a quelques années, un orientaliste espagnol, Don Miguel Asin Palacios, a écrit un ouvrage sur les influences musulmanes dans l'oeuvre de Dante et a démontré que bien des symboles et des expressions employées par le poète, l'avaient été avant lui par des ésotéristes musulmans et en particulier par Sidi Mohiyddin-ibn-Arabi. Malheureusement, les remarques de cet érudit n'ont pas montré l'importance des symboles mis en oeuvre. Un écrivain italien, mort récemment, Luigi Valli, a étudié un peu plus profondément l'oeuvre de Dante et a conclu qu'il n'a pas été seul à employer les procédés symboliques utilisés dans la poésie ésotérique persane et arabe; au pays de Dante et parmis ses contemporains, tous ces poètes étaient membres d'une organisation à caractère secret appelée "Fidèles d'Amour" dont Dante lui-même était l'un des chefs. Mais lorsque Luigi Valli a essayé de pénétrer le sens de leur "langage secret", il lui a été impossible à lui aussi de reconnaître le véritable caractère de cette organisation ou des autres de même nature constituées en Europe au Moyen Age. La vérité est que certaines personnalités inconnues se trouvaient derrière ces associations et les inspiraient; elles étaient connues sous différents noms, dont le plus important était celui de " Frères de la Rose-Croix". Ceux-ci ne possédaient point d'ailleurs de règles écrites et ne constituaient point une société, ils n'avaient point non plus de réunions déterminées, et tout ce qu'on peut en dire est qu'ils avaient atteint un certain état spirituel qui nous autorise à les appeler "soufis" européens, ou tout au moins mutaçawwufin parvenus à un haut degré dans cette hiérarchie. On dit aussi que ces "Frères de la Rose-Croix" qui se servaient comme "couverture" de ces corporations de constructeurs dont nous avons parlé, enseignaient l'alchimie et d'autres sciences identiques à celles qui étaient alors en pleine floraison dans le monde de l'Islam. A la vérité, ils formaient un anneau de la chaîne qui reliait l'Orient à l'Occident et établissaient un contact permanent avec les soufis musulmans, contact symbolisé par les voyages attribués à leur fondateur légendaire.
Mais tous ces faits ne sont pas venus à la connaissances de l'histoire ordinaire qui ne pousse pas ses investigations plus loin que l'apparence des faits, alors que c'est là, peut-on dire, que se trouve la véritable clef qui permettrait la solution de tant d'énigmes qui autrement resteraient toujours obscures et indéchiffrables.
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01 mai 2007
Entretien avec Tahir de la Nive
Voici un entretien, datant de 2003 et originellement publié sur le site VoxNR .
Interessant à plusieurs titres, cet entretien permet d'avoir une petite idée des thèses qui sont celles de cet auteur controversé.
Q. : Tahir de la Nive, votre livre Les Croisés de l’Oncle Sam vient d’être publié. Quelle a été la motivation qui vous a poussée à l’écrire ?
R. : Avant tout, mettre en garde une partie de l’opinion française et européenne contre la manipulation dont elle est l’objet.
Q. : « Une partie de l’opinion » ? Vous voulez dire la Nouvelle Droite ?
R. : Plus précisément la partie de cette mouvance qui a réintégré la ligne atlantiste à la suite de Guillaume Faye.
Q. : N’est-il pas quelque peu hâtif d’accuser Faye d’atlantisme pour la seule raison qu’il a changé d’attitude vis à vis de l’islamisme ?
R. : Son discours, en même temps qu’il croît en islamophobie, décroît également en anti-impérialisme yankee. De toute façon, Faye n’est que la figure la plus emblématique de ces « retournés ».
Son retournement est le plus spectaculaire, compte tenu des propos islamophiles qu’il tenait avant de disparaître de la scène politique il y a une quinzaine d’années. Mais c’est toute une partie de la Nouvelle Droite qui a opéré ce revirement. Ce n’est donc pas un cas individuel, mais bien une manœuvre politique touchant un milieu particulier. C’est pourquoi j’ai cru bon de la dénoncer, chose que je n’aurais certainement pas faite pour les seuls états d’âme de monsieur Faye.
Q. : Anti-islamisme signifie-t-il immanquablement pro-américanisme, pro-capitalisme ?
R. : En fin de compte, oui. Il faut bien, un jour, choisir son camp. Ces gens de la Nouvelle Droite l’avaient d’ailleurs fort bien fait dans les années 1980. Au lendemain de la Révolution Islamique Iranienne, ils avaient fort bien compris quels seraient les enjeux politiques des temps à venir. Comme ils sont loin d’être des sots, on déduit que leur retournement n’est pas le fruit d’errements, mais bien d’un plan précis. Tout s’articule en effet, depuis le livre d’Alexandre Del Valle appelant l’extrême-droite à rejoindre le camp sioniste : le retour de celle-ci aux valeurs « chrétiennes » de l’Occident, l’invasion des librairies de Droite par les ouvrages islamophobes, tout ceci en parallèle avec les événements internationaux engendrés par le fameux « choc des civilisations ».
Il restait une dernière ficelle pour tenir le masque anti-yankee de l’extrème-droite. Elle vient de casser hier soir, 10 mars. Alors que le chef du gouvernement français venait de réaffirmer publiquement son opposition à la guerre en Irak, Jean Ferré, directeur de Radio-Courtoisie, organe de l’extrême-droite catholique, qui jusque là avait observé l’attitude la plus pro-irakienne possible, prétendait soudain avoir eu les « yeux ouverts » par le général Gallois sur le fait que cette attitude favorisait l’Islam en France, et qu’en conséquence il se ralliait subitement au bellicisme américain. Voilà donc le masque tombé et brisé aux pieds des nouveaux fayots de l’Oncle Sam.
Q. : Tahir de la Nive, voulez-vous bien nous retracer votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a conduit à l’islam ? Dans quelle famille politique vous classez-vous ?
Mon parcours est simple et direct. S’il est vrai que les années d’enfance forgent l’âme de l’adulte, je dirais qu’alors je me destinais au métier des Armes, carrière dont j’ai été éloigné par les événements, notamment ceux d’Algérie.
Je n’avais plus grande envie de briguer le Casoar (1), à l’âge de le faire, en 1963. Déjà fortement intéressé par l’Islam, je m’y suis officiellement converti quelque temps après, pour des raisons plus politiques que religieuses.
Politiquement, je suis bonapartiste, si l’on veut dire par là que je me considère comme un des héritiers du génie napoléonien marqué, comme cela est connu, par l’islam. Je ne me suis jamais défini en termes de droite ou de gauche. Aussi suis-je amusé quand un certain Del Valle me qualifie d’ultraradical de droite ! Ou bien il n’a jamais fait d’études politiques, ou bien il n’a jamais rien lu aucun de mes textes, ou bien il ment. Je crois qu’il y a un peu des trois choses.
Quoi qu’il en soit, j’appartiens à un courant dit « de gauche », si on observe que le Nationalisme français est le fruit de la Révolution de 1789. Rappelons qu’en 1790, un soldat de la garnison de Nancy, mutinée, cria « Vive la Nation ! » au moment d’expirer. Cri alors hautement séditieux ! De plus le Nationalisme ne se conçoit pas sans le Socialisme. Celui-ci a pour but de mettre à bas toutes les barrières sociales qui divisent le Peuple et affaiblissent la Nation, la privant de ses meilleurs éléments maintenus dans les bas échelons de la société. En 1815, les Bonapartistes étaient appelés « les Rouges » par la droite, cléricale et réactionnaire, que les ennemis de la France avaient ramenée à Paris. Si donc Del Valle ou d’autres persistent à me classer « de droite », grand bien leur fasse ! Je veux bien, quant à moi, être assimilé à la gauche anti-marxiste ou à la droite anti-réactionnaire, si un tel concept existe.
Q. : Vous avez tout de même sympathisé avec la Nouvelle-Droite à une certaine époque ?
R. : Oui, mais pas parce qu’elle était de droite. Parce qu’elle était européiste, islamophile. Je me suis détaché d’elle quand elle a cessé de l’être. Je me suis également rapproché d’une certaine gauche. Il convient mieux de dire qu’en fait, je me suis rapproché de personnalités indistinctement de gauche ou de droite, selon leurs prises de position précises, notamment sur la question essentielle de la souveraineté nationale face aux diktats de Washington. Aujourd’hui j’applaudis Jacques Chirac. Je ne suis pas pour autant chiraquien. Dans mon livre, j’ai écrit : « La chance de celui qui, depuis l’autre côté de l’Atlantique, nous contraint constamment à sa volonté, c’est de ne trouver dans nos palais gouvernementaux que des porte-valises ». Je reconnais que Jacques Chirac n’en est pas un. Je dirais même qu’il nous a rendu un peu de notre fierté nationale. J’espère qu’il restera dans cette ligne. Sinon, je le sifflerai !
Q. : Vous assimilez curieusement le bonapartisme à l’islamisme…
R. : Il est peu connu que l’Empereur se convertit à l’Islam en 1798 en Egypte. Lui-même tint à le faire oublier dès son retour en France. Il projetait déjà l’Empire grand-européen avec quelque cent millions de catholiques de la Pologne au Portugal. Il avait cependant bien étudié et assimilé la stratégie du prophète Mohammed. Sa stratégie militaire certes, ainsi que je le démontre dans plusieurs de mes ouvrages (2), mais aussi sa stratégie d’islamisation nationale et continentale. Le grand pas accompli en ce sens fut le Code de 1804, puis l’interdiction progressive de l’usure. Or, que ce soit à La Mecque en 600 ou en France douze siècles plus tard, ou n’importe où, à n’importe quelle époque, le processus d’islamisation est un processus pédagogique progressif. Il ne s’agit pas de forcer les femmes à porter un foulard ni les hommes à fréquenter les mosquées. Il s’agit d’éduquer les masses, de les rendre aptes à comprendre puis à accepter les principes du Coran. Ce n’est pas avec des bâtonnades et des pendaisons qu’on y parvient !
Q. : Apparemment, vous vous distancez des conceptions illustrées par les Talibans…
R. : Mieux, je les combats ! Les Wahhâbites sont la plaie de l’Islam. On ne peut même pas parler de caricature, car la caricature prend forme sur des traits réels. Or, il n’y rien dans l’Islam qui justifie le Wahhâbisme, invention de l’Occident pour détruire la doctrine islamique de l’intérieur.
Q. : A quelle école d’Islam appartenez-vous donc ?
R. : A aucune. Quand j’ai prononcé la profession de foi de l’Islam, j’ignorais qu’il en existât de différentes. J’en entendis vaguement parler, mais ça n’éveillait aucun intérêt pour moi. Mon école, c’est celle de Mohammed, messager de l’Unique. Ceci dit, j’ai sympathisé avec nos Frères et Sœurs chiites lors de la Révolution Iranienne. J’apprécie leur vénération de l’Imam Hussein et le sens du sacrifice, jusque dans le martyre, qui l’accompagne. Ils sont conscients qu’Islam signifie guerre à l’oppression. Ceci dit, j’ai aussi rencontré des Sunnites qui partagent les mêmes sentiments et conceptions. J’appelle les Musulmans à l’union et à la fraternité.
Q. : N’y a-t-il pas là une contradiction avec la fraternité nationale ?
R. : Non, car être musulman, c’est vouloir le bien de la communauté qu’il plut à l’Unique de nous donner comme berceau. La communauté de l’Islam, la Oumma, et celle de la Nation, se situent donc dans deux plans différents. Elles ne se heurtent pas, mais peuvent se juxtaposer. Comme je ne saurais trop le répéter, l’Islam est une voie de redressement des peuples comme des individus. Plus encore des peuples, car l’individu n’existe que par le peuple. Régénérer un peuple, c’est régénérer la somme des individus qui le composent.
Q. : Revenons à votre parcours. Vous avez beaucoup voyagé. On parle de votre expérience afghane. A quel groupe étiez-vous lié ?
R. : Je m’intéresse aux peuples et aux cultures. Notamment à l’Asie, découvrant la splendide culture chinoise à laquelle même les Japonais ne cessent de rendre hommage, de reconnaître tout ce qu’ils lui doivent. La guerre en Afghanistan m’a bien sûr attirée, ne serait-ce que d’un point de vue professionnel, si on considère que mon vrai métier, c’est celui des Armes. Je n’ai cessé de m’y intéresser. En Afghanistan, j’ai notamment voulu vérifier la connaissance qu’avaient les Soviétiques des enseignements du colonel Trinquier, en matière d’anti-guerilla. Je dois dire qu’ils ont été en-dessous de tout. Ils n’auraient pas agi autrement s’ils avaient pris systématiquement le contre-pied de Trinquier. Ils faisaient pitié, calfeutrés dans leurs postes, terrifiés au moindre projectile. J’ai rencontré tous les chefs afghans, même si j’ai particulièrement sympathisé avec Hekmatyar.
Q. : Que pensez-vous des actuels développements dans ce pays ?
R. : Ils m’attristent profondément. Je les avais d’ailleurs prévus. Rien ne pouvait sortir de bon du financement, autrement dit de la manipulation des Moujahidine afghans par la CIA, par Séoudiens et Wahhâbites interposés. J’ai été révolté par le dynamitage des statues de Bouddha, puis par la parodie d’Etat islamique instaurée par les Talibans. J’ai souhaité aux femmes afghanes, à tout le peuple afghan, les bienfaits de l’Etat islamique authentique, notamment la libération de l’obscurantisme. C’est l’inverse qui s’est produit. J’ai vu la même manipulation Wahhâbites à l’œuvre dans les Balkans, en Birmanie.
Q. : L’existence de Musulmans en Birmanie est peu connue...
R. : D’autant moins que si rien n’est entrepris l’extermination des Musulmans de Birmanie aura bientôt été achevée. Ils luttent sans aucun moyen. Les agences de presse et d’aide prétendues islamiques, en réalité Wahhâbites, font la conspiration du silence sur ce génocide. Tout en finançant les Moujahidine birmans assez pour qu’ils continuent de croire en la victoire et de saigner, jamais assez pour vaincre. J’ai vu la même chose en Bosnie et ailleurs. Remarquez que la CIA applique la même politique avec les différents groupes d’insurrection. Les séparatistes basques, irlandais, corses, kurdes sont les victimes de la même stratégie. Il s’agit toutefois de déstabiliser des pays d’Europe géopolitiquement clés. Je vous renvoie à mon livre !
Q. : Vous développez par ailleurs le concept d’Eurislamisme.
R. :Il s’agit de l’Islamisme, c’est-à-dire l’application politique de l’Islam aux peuples d’Europe.
Q. : Pouvez-vous nous en tracer les grandes lignes ?
R. : Certes ! Ce projet part du principe que tous les peuples d’Europe forment une communauté de culture et de destin.
Q. : Marquée par deux millénaires de Christianisme !
R. : C’est indéniable. Je ne vais pas me lancer ici dans une étude du Christianisme. Force est toutefois de reconnaître que ces deux millénaires aboutissent à un échec, pire, qu’ils ont conduit nos peuples au bord du gouffre, ou plutôt de leur tombe. On doit reconnaître la beauté des cathédrales. Elles sont le fruit du génie européen, qui a aussi construit de magnifiques mosquées, de magnifiques temples païens. Il n’est pas question de vouloir remplacer le Christianisme par une autre religion. Les histoires de prosélytisme religieux ne m’intéressent pas le moins du monde. Mais de rendre à l’Europe sa spiritualité propre et à ses peuples leur raison, mais aussi leurs moyens d’exister dans le futur. Le projet eurislamiste est donc un projet d’union continentale des peuples et des nations d’Europe, dans le respect aussi des identités ethniques et régionales. Je suis pour le renouveau du Basque, du Breton… comme langues, mais aussi comme entités politiques à l’intérieur de la Nation, elle-même membre de la grande famille européenne.
Q. : Vous critiquez pourtant le concept de « l’Europe seule » ?
R. : Absolument ! L’Europe doit sortir de l’Occident ! Et retrouver ses liens naturels avec les autres civilisations d’Asie et d’Afrique. Dans le respect mutuel, pour le bien de tous !
Q. : Votre nationalisme va à l’encontre du chauvinisme, de la xénophobie.
R. : On ne peut même pas parler ici d’idéologie. La haine de l’autre, de l’étranger, est un sentiment absurde, vulgaire. C’est celui d’abrutis, de gens qui n’ont jamais voyagé, jamais connu d’autres peuples. Voilà les sentiments que l’extrême-droite cherche à raviver, à exacerber. Pour le compte de qui ?
Q. : Il y a tout de même la question de l’immigration, qui devient de plus en plus angoissante dans toute l’Europe.
R. : Certes ! Et rien ne m’agace davantage que d’être soupçonné de favoriser l’immigration simplement parce que je suis musulman. Evidemment, c’est la thèse de Faye : l’immigration, c’est le Jihad déguisé ! J’en démontre l’absurdité mensongère. Voyez-vous, l’extrême-droite a pour mission, pour raison d’être de salir tout ce qu’elle touche ! C’est le repoussoir institutionnalisé. Ridiculisez le patriotisme, rendez-le odieux : organisez une manifestation de l’extrême-droite avec les drapeaux nationaux mêlés aux pancartes xénophobes ! Le combat contre l’Immigration est à l’origine un combat pour les immigrés, afin de les soustraire aux néo-colonialistes, aux néo-esclavagistes. L’immigration maghrébine est, en France, largement dépassée par celle d’Asie. Mais l’extrême-droite ne parle pas de l’immigration asiatique parce qu’elle a peu à voir avec l’Islam. Pourtant, des Chinois, des Pakistanais travaillent clandestinement dans des conditions d’esclavage. Mais ça, ça n’intéresse pas l’extrême-droite, même pas au nom de ses prétendues thèses raciales. Elle a cependant complètement perverti la question de l’immigration : les neo-esclavagistes qui sont naturellement favorables à l’immigration deviennent les « bons », les amis de leurs esclaves ; alors que les partisans de la libération des peuples, de leur droit de prospérer sur leur sol et de protéger leur culture, sont présentés comme les « méchants » xénophobes, partisans de l’oppression et de l’exclusion.
Q. : Avez-vous cependant une solution concrète au problème de l’immigration ?
R. : La Nouvelle Droite, au temps où elle était, justement, nouvelle ; avait une réponse. Il s’agissait de créer une coopération réelle entre nos pays d’Europe et les pays en voie de développement, ceci afin de rétablir l’équilibre Nord-Sud, de créer au Sud des conditions de vie honorables afin de mettre fin à la nécessité d’immigrer pour vivre. Ce projet pouvait passer pour généreux mais utopique, aussi longtemps qu’il ne s’accompagnait pas d’une solution concrète. Or, l’Eurislamisme apportait cette solution, là où la Nouvelle Droite apportait une réponse, ce qui était déjà fort louable. La solution résidait dans le système islamique de développement et de coprospérité. Un système fonctionnant sans recours à l’usure, mais par partage des bénéfices comme des risques.
Q. : C’est ce à quoi vous faites allusion dans votre livre ?
R. : Exactement ! L’adoption de ce système en Europe doit rendre la prospérité à nos peuples, y résoudre tous les problèmes sociaux et économiques actuels. Il doit aussi résoudre les problèmes de coopération Nord-Sud. Il passe par l’abolition inconditionnelle de la Dette, en Afrique comme en Europe. Les peuples du prétendu Tiers-monde retrouveront l’accès à leurs richesses propres. Ils sortiront de la misère, de la famine, des guerres incessantes où les plongent le capitalisme et la mondialisation. Alors on pourra arrêter les flots migratoires et envisager une politique du retour. Une politique du retour des immigrés non-européens vers leurs pays d’origine, certes, mais aussi des Européens déracinés vers leur espace ethno-culturel.
Voyez tous ces jeunes gens originaires des provinces françaises, obligés d’immigrer vers la région parisienne pour trouver un travail. Voient-ils seulement les beautés de Paris ? Même pas ! Ils sont parqués, tout comme les Maghrébins et Africains, dans des banlieues de béton, véritables zones de pourrissement. C’est pourquoi dans mon livre je parle d’une immigration française en France ! Je ne le répéterai sans doute jamais assez : il n’y a qu’un moyen de liquider le paupérisme, de rétablir les équilibres : c’est la mise à bas, selon le Coran, de l’Usurocratie !
Q. :Vous mentionnez l’existence en France des systèmes SEL et « Love-money » ?
R. : Oui, et je ne peux que conseiller à tous, notamment à tous les Musulmans, d’y contribuer. Ce sont des systèmes islamiques même s’ils ne se présentent pas comme tels, ce qui importe peu. Tout ce qui fait échec au Capitalisme, tout ce qui tend à recréer les liens naturels, est par définition islamique.
Q. : Serait-ce flatter votre Ego, que de vous demander pour terminer quelques mots sur les questions militaires ?
R. : Ce sont là en effet des questions qui me tiennent à cœur. J’en ai débattu dans Centurio…
Q. : Qui va reparaître, je crois ?
R. : Incha Allah ! Je résumerai en disant que je préconise un système de Défense grand-européen bien sûr anti-atlantiste, anti-OTAN. Quand je dis grand-européen, je pense en réalité eurasiatique et eurafricain. Et eurolatin. C’est l’alliance des peuples libres et régénérés. Moi qui suis militariste, je mesure toutefois l’insanité des conflits actuels. Or, la conduite américano-capitaliste de la guerre, c’est le terrorisme. Aujourd’hui, des peuples entiers sont victimes du terrorisme. C’est le cas du peuple irakien, qui s’attend à chaque nouveau jour à subir des bombardements, à voir ses villes rasées, ses populations exterminées… Rappelons que l’embargo a déjà fait des centaines de milliers de victimes, surtout des enfants, par malnutrition et manque de soins. Mettez une bombe dans un avion, vous êtes un terroriste. Lancez d’avions des milliers de bombes sur des villes sans défense, vous êtes le Strategic Air Command !
Q. : Que direz-vous pour conclure ?
R. : Je citerai ce verset du Coran qui m’est cher entre tous : « L’Unique ne change pas la condition d’un peuple, jusqu’à ce qu’il ait changé ce qui est en lu »i. C’est donc un appel, mais également un message d’espérance et de courage aux peuples d’Europe. Un appel à la révolution intégrale. Comme l’écrivait Saint-Loup, l’Histoire ne repasse pas les plats. Aux Européens de se servir, et même de bien se servir, car il n’est pas dit que l’occasion offerte par la révolution eurislamiste se représentera. Courage donc, et vivacité d’esprit et d’action ! Je citerai pour terminer le plus célèbre immigré italien en France : « C'est de Dieu que viennent tous les biens. C'est lui qui donne la victoire » (Napoléon).
Notes
1 - Plumet rouge et blanc, distinctif de l’uniforme des cadets de l’Ecole Militaire de Saint-Cyr.
2 - Notamment dans Guénon, Clausewitz et le concept islamique du Tawhid et dans Ali Napoléon Bonaparte, Grand Sultan des Français.
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