10 juin 2008

Yusuf al Qaradawi, par G.F. Haddad

Youssouf-Al-Qaradawi-1251.jpgIl y a quelques semaines de cela, nous avons publié un article (maintenant supprimé), implicitement élogieux à l'égard du sheykh al Qaradawi. Telle n'était, il est vrai, pas notre intention et nous entendions uniquement lui montrer le respect que le musulman lambda se doit d'avoir pour le savant.
Un lecteur, que nous remercions grandement, nous avait alors mis en garde. Et voici que je viens, par hasard, sur l'excellent forum Aslama.com, de tomber sur un lien vers cet article en anglais -hélas- du sheykh Haddad. 

Voici :

 

The media-savvy "West-appointed Pope of the Muslims" according to the Syrian scholars, "standard-bearer of corrupt scholarship and guide to deviancy" according to the Saudis, Azhar-trained Yusuf al-Qaradawi, although initially a Hanafi, doffed the strictures of the juridical Schools and adopted the high-exposure pulpits of satellite television (al-Jazira in Qatar), the Internet (islamonline.com, qaradawi.net), and mass print (150+ publications) to purvey, unique among televangelists, a blend of free-wheeling liberation theology, populist jihadism, and salafism shot through with colloquial Egyptian which keeps TV viewers East and West spellbound, boggled, delighted, and deluded at the same time.

Al-Qaradawi struck gold as the foremost vulgarizer of the "Do-It-Yourself Islam" initiated by the Egyptian-founded Ikhwan al-Muslimin, of which he is the most influential figure in our times, though ostensibly unaffiliated. The media scholar par excellence, he passes among the masses for a mujtahid and reformist thinker, although the silent majority of the Sunni Ulema refuse him any such title, a handful of them warning against his blatant distortions of the Law and irreligious verbiage, while the Wahhabis (al-`Udayni, Sulayman al-Kharashi, Muqbil al-Wadi`i, `Abd al-Karim Humayd, Salih al-Fawzan, and Abu Basir al-Tartusi) and the Habashis (Usama al-Sayyid and the anonymous al-Kawi li-Kabid al-Qaradawi) all wrote books against him.

This survey is based on the directives of our teachers as well as textual citations from some of the above-mentioned sources. It was prompted by two needs: the preparation of a second edition of Albani and His Friends and the need to warn about al-Qaradawi, particularly his non-madhhabi, anti-Ash`ari, yet supposedly non-Salafi book-imitators presently hard at work misleading the English-speaking Umma. It comprises the following sections:


I. Al-Qaradawi's blasphemies
II. His two greatest innovations: misappropriation of zakat and legalization of carrion
III. "Qutbian Qaradawi" versus "Accommodation Qaradawi"
IV. His praise of Sayyid Qutb, al-Afghani, `Abduh, and Rida
V. His praise of Hizb al-Tahrir
VI. He praises the Ikhwan and defends criminal jihadism
VII. Qaradawi's unrequited "salafism"
VIII. His assimilation of Ash`arism to "Aristotle's doctrine"
IX. His denial that consensus exists
X. Qaradawi's specious fiqh
XI. He permits income from the the sale of alcohol and pork
XII. He permits the consumption of carrion
XIII. He declares celibacy categorically forbidden for all
XIV. His weakness in Hadith
XV. His disparagement of the Ulema
XVI. His propensity for takfir of the Muslims
XVII. His over-the-top laxism toward non-Muslims
XVIII. His Qadarism
 

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31 mai 2008

L'Islam face au monde moderne (1/5)

Une religion comme les autres ? (1er chapitre de l'ouvrage de Charles-André Gilis, L'Intégrité Islamique

 

            La question du rôle de l’islâm dans le monde contemporain se pose avec une acuité croissante ; le monde contemporain, c’est-à-dire le monde ce temps, non le monde moderne, car à l’égard de celui-ci la réponse est simple : il y a entre lui et la tradition islamique une incompatibilité radicale.

            La notion de tradition est le critère décisif qui marque le fossé séparant ce monde de l’univers qui demeure fidèle aux alliances que Dieu a conclues avec les hommes depuis l’origine des temps. Ce qui est convenu d’appeler la « civilisation moderne » est fondé sur le rejet de tout principe transcendant et de toute alliance sacrée de nature à lui conférer une légitimité qui  la rattacherait à l’ordre principiel. L’islâm n’est donc pas seul concerné par l’envahissement du monde moderne, que l’on peut appeler aussi le monde occidental car c’est en Occident qu’il a pris naissance, et à partir de lui qu’il s’est répandu avec une vigueur et une insolence sans cesse croissantes. Pourtant, c’est l’islâm qui est devenu, au fil des ans, la cible privilégiée de ce nouvel impérialisme. Il y a là une situation singulière, imprévisible il y a quelques années encore, et qui appelle une réflexion.

            Les musulmans ont une conscience aiguë de l’excellence de leur religion. La révélation muhammadienne est pour eux d’une telle évidence qu’ils comprennent mal que celle-ci ne s’impose pas à tous. Leur conviction est conforme à la réalité et au rôle cyclique que Dieu a assigné à l’islâm ; néanmoins, elle apparaît comme une croyance naïve à ceux qui ignorent le Droit sacré ainsi que la raison d’être des alliances et des formes traditionnelles ; qui s’imaginent qu’elles se valent toutes et que chacun a des motifs légitimes de se croire supérieure aux autres. Le scepticisme et le relativisme engendrent l’idéologie antitraditionnelle de la tolérance en matière de religion, application annexe des droits de l’homme. Fondée sur l’ignorance, elle est constamment contredite par la pratique actuelle : l’islâm n’est pas traité comme les autres religions pour la raison simple qu’effectivement il n’est pas une religion comme les  autres. Ce ne sont ni la naïveté, ni la complaisance de l’âme qui dominent dans l’image que les Occidentaux se font des musulmans, mais bien le fanatisme et l’intolérance.

            L’excellence de l’islâm ne découle pas seulement du Droit sacré ; elle n’est pas davantage une affirmation théorique ou passionnée ; elle est avant tout la manifestation visible d’une élection spirituelle que le Coran formule en ces termes :

« Vous êtes (ô musulmans) la meilleure communauté qui ait jamais été existenciée en faveur des hommes : vous ordonnez ce qui convient, vous interdisez ce qui est répréhensible et vous croyez en Allâh. Si les Gens du Livre (c’est-à-dire tous ceux qui suivent les révélations antérieures) avaient cru (en Allâh), cela aurait été meilleur pour eux (car ils auraient participé à cette excellence communautaire, alors que dans l’état actuel) des croyants sont parmi eux, mais la plupart d’entre eux sont corrompus » (Cor. 3, 110)

Il ne s’agit pas, dans ce verset, d’une excellence des croyants, puisqu’il subsiste encore des croyants dans les autres formes traditionnelles, mais de l’excellence d’une communauté spécifique de croyants, excellence qui constitue pour eux un privilège auquel ceux qui appartiennent aux communautés antérieures n’ont pas accès. La faveur divine accordée à cette condition communautaire explique et justifie l’importance que revêt en islâm la pratique en commun des rites, aussi que dans le domaine « exotérique » pour les prières quotidiennes, la prière du vendredi et le pèlerinage, que dans els voies initiatiques où il s’agit plutôt de l’invocation des noms divins, de la récitation coranique et des formules du wird.

23 mai 2008

Un soufi d'Occident, René Guénon, livre de 'Abd al Halim Mahmud

241108632.jpgUn soufi d'Occident
René Guénon (Shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ)
 
Auteur : Abd al-Halim Mahmud
traduit de l'arabe, présenté et annoté par Jean Abd-al-Wadoud Gouraud - revu par Hanan Mounib - Abd-al-Haqq Guiderdoni
Éditeur : al-Bouraq, Beyrouth
             Gebo, Le Caire
 
Le présent ouvrage témoigne des efforts du Shaykh 'Abd-al-Halîm Mahmûd visant à offrir, à tous ceux qui cultivent une aspiration sincère à la Connaissance de Dieu, des précisions doctrinales utiles ainsi que des clés efficaces de discernement sur le Taçawwuf, la spiritualité islamique. C'est en cela que résident avant tout l'actualité et la portée des enseignements du Shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ, « un soufi d'Occident », témoin et interprète de la dimension métaphysique qui est représentée, dans la Tradition islamique, par la voie des saints dépositaires de l'héritage prophétique avec l'inspiration de Dieu.
 
Autorité savante de l'Islam largement reconnue à l'époque contemporaine, le Dr. 'Abd al-Halim Mahmud occupa la fonction suprême de Shaykh al Azhar de 1973 à 1978. Ami de René Guénon, le Shaykh 'Abd al Wahid Yahya en islam, ils étaient aussi tous deux frères dans la Voie initiatique, au sein de l'école spirituelle de la Shadhiliyya. 

22 mai 2008

La papauté contre l'islâm, éditions Turban Noir

medium_papautecontreislam.2.jpg

LA PAPAUTE CONTRE L'ISLAM
Genèse d'une dérive


Auteur : Abd Ar-Razzâq Yahyâ (Charles-André Gilis)
Date de parution : 06-04-2007
Format : 140 x 225
Nombre de pages : 208
Prix : 19 € 18,05 €

 

 

En rejetant les doctrines ésotériques, la papauté a perdu les repères qui lui auraient permis de garder une orientation traditionnelle.

Au cours des dernières années, elle a commis des actes irréparables dont elle n’a pas mesuré la gravité et qui l’opposent aujourd’hui à l’islâm.

Certes, les « Portes de l’Enfer » ne prévaudront pas contre l’Eglise ; mais celle-ci, tout comme la Synagogue dont elle s’est imprudemment rapprochée, porte désormais un bandeau sur les yeux.

Commander l'ouvrage. 

09 mai 2008

Tant que l'humanité fuira l'Islam, ses problèmes augmenteront

Sohba du Sheykh Nazim al Haqqan, sheykh de la tariqah naqshbandiyya, immense autorité contemporaine du soufisme. La traduction est malheureusement de mauvaise qualitée, mais peu importe.

 

 

Dialogue entre Ousman et Houssein dans un café en Chypre Turque

Ousman : On trouve beaucoup de savants de nos jours. Je suis venue d'Erzouroum (Turquie) jusqu'à cette île sur laquelle tellement de choses sont venues et puis parties. J'ai beau avoir 90 ans, ce que j'entends, je le garde. Quelques fois quand j'entends quelque chose, j'en parle mais on me fait objection. Alors en bout de ligne, je garde ma sagesse pour moi-même. Ça fait combien d'années qu'on se connaît ?

Houssein : Oh, tellement !!

Ousman : M'as-tu déjà vu transgresser la Charia ? Tout ce qui est en dehors de la Charia d'Allah, rien de bon ne peut en sortir. Jusqu'à présent je n'ai jamais vu qui que ce soit à l'écart de la Charia d'Allah et de la voie du Bien-aimé Mouhammad (saw) réussir.
Comment existes-tu ? T'es-tu créé toi-même ou quoi ? Quel travail fais-tu ?

Houssein : Tu me fatigues avec tes questions.

Ousman : Je veux savoir si tu as étudié à la mektaba, mot qu'on a remplacé en turque par école, pour faire à la Française. J'ai 90 ans et ce que j'ai appris à la mekatba est resté dans mon cœur et dans ma tête. Tandis que ce qui est enseigné à présent, c'est du vide. Il y a le savoir du cœur humain et le savoir de l'esprit. Le savoir de l'esprit n'est qu'un savoir dilué des livres. Ceux qui ont le savoir du cœur n'ont pas besoin de livres. L'homme moderne ne possède pas de savoir ni dans son cœur ni dans sa tête. L'homme moderne fait ce qu'il lui plait sans imposer de limite à ses plaisirs. Que s'est-il passé Houssein ? Ce sont des hommes qui veulent devenir des singes… .ils veulent rester singes ou quoi ?
Peux-tu poser à ces gens là de simples questions, telles que : Qui es-tu ? Où vas-tu ? Leurs bibliothèques regorgent d'ouvrages et ils sont pourtant incapables de répondre.


Celui qui se trouve sur la voie d'Allah, son amour ne diminuera pas. Dites cela à ceux qui s'assoient dans les cafés et ils penseront que vous êtes fous. Si je mettais ce que j'ai dit dans là boite de chaitan (la télé)…Ils y montrent ce qu'ils veulent sans aucune honte et sans crainte
d'Allah ou de Son prophète (saw).

Ceux qui sont vraiment fous sont ceux qui disent qu'on a changé, « le nouvel Homme ». Ceux-là ne veulent rien savoir de l'Islam. Mais qu'est-il donc arrivé pour qu'ils aient changé ? Comment se sont-ils transformés ?
Ils n'acceptent aucune discipline, règle ou limite. Ils ne comprennent même pas le sens de leurs paroles. Leur objectif est de vous confondre.

Le mois de Ramadan est à présent achevé, nous entrons dans celui Shawwal . Allah m'a donné une spécialité.
Allah a envoyé des prophètes afin enseigner les hommes à propos des maladies spirituelles et de la façon de les traiter. Le fait de dire « nous avons changé » est une affirmation très dangereuse. Dans les écoles, ils enseignent aux enfants : « Nous avons changé ! Nous sommes une nouvelle génération ! ». Qu'est-ce qui a changé ? Nous sommes maintenant des animaux !
L'apparence est humaine à l'extérieure, mais animal de l'intérieur.

Avec ce type d'enseignement, à propos de «nous avons changés », nos cœurs ne sont jamais en paix, parce que nos cœurs appartiennent à Allah. Ne dites pas « je suis encore jeune », apprenez-en sur la mort, qui peut vous atteindre dans le ventre de vos mères.

Il y a également une nouvelle mode qui est celle des partis politiques.
Qui a créé le monde ? Les vieux vous répondront « Allah », mais les modernes vous diront « La Nature ».
Dans quel état pitoyable êtes-vous donc !
Adam s'est-il créé lui-même ? Vous me répondez ensuite, « Oh, pauvre vieil homme, il ne sait pas de quoi il parle ».

Quand ils se disent changés, ils sont ignorants, ils sont dans la jahilia c'est-à-dire une époque sans connaissance d'Allah. Les prophètes sont venus avec la connaissance d'Allah, avec une spiritualité propre pour remplacer l'adoration des idoles. Ce qui est vraiment changé, c'est qu'a présent ils ne croient plus en Allah et ils sont esclaves de chaitan.

Les awliya nous rappellent que nous sommes honorés, glorifiés et pourtant nous les fuions afin de ne pas les entendre nous dire que nous sommes honorés et glorifiés. Je suis contre mon ego et contre les serviteurs égotistes.
Ce rappel, c'est comme traverser le désert avec des gens qui cherchent une oasis spirituelle. Je demande donc à rencontrer des êtres spirituels qui n'attachent aucun intérêt ni aux plaisirs, ni à la vie matérielle.

Il est impossible pour ceux qui travaillent pour la technologie de se sauver eux-mêmes. Il n'y a plus aucun repos pour l'humanité à cause de cette technologie. Elle ne donne aucun confort et pourtant les gens courent après la technologie. Tout ce que fait la technologie c'est nous déshumaniser sans jamais nous donner de repos. L'islam est un trésor caché, même dans le monde musulman.
Tant que l'humanité fuira l'Islam, ses problèmes augmenteront.

REVEILLEZ VOUS ! Sayyidina Ali a dit que dans les derniers jours, la plupart des gens seront endormis.
Quand ils décéderont, ils auront une ouverture et c'est là qu'ils se réveilleront. Ils se noient dans un océan d'insouciance. Le temps passe, préservez votre honneur avec Allah Tout Puissant.

Puisse Allah nous pardonner et vous bénir pour l’honneur du plus honoré, Seyyidina Mouhammad - sallallahou ‘alayhi wasallam,
Al Fatiha


Mawlana Shaykh Nazim Al Haqqani an Naqshbandi Lefke, 13 Octobre 2007 (Traduit du Turque)

19 avril 2008

L'intégrité islamique

Sauvegarder l'essentiel 

 extrait de L'intégrité islamique, de Charles-André Gilis (Abd ar-Razzaq Yahya)

 

 

L’affinité profonde de l’intégration et de l’intégrisme – deux noms jumeaux pour deux politiques jumelles – se marque dans leur acceptation commune de la division du monde en nations et en Etats. D’un côté, les musulmans au pouvoir se préoccupent d’avantage de l’intégrité des frontières que de celle de l’islâm ; de l’autre, les partisans de l’intégration considèrent comme un fait accompli le morcellement de la communauté islamique puisqu’ils acceptent les conditions et les statuts définis pour eux par chaque Etat. Dans l’attente de jours meilleurs, la préoccupation essentielle nous paraît devoir être de perpétuer les rites de l’islâm et du tasawwuf de la façon la plus complète et la plus traditionnelle possibles, et de s’efforcer d’échapper aux contraintes imposées par les puissants. S’agissant de l’islâm en général, l’intégrisme peut apparaître comme la meilleure alternative, en dépit des objections que nous avons formulées, mais il n’en va pas nécessairement ainsi pour la pratique du tasawwuf, souvent plus menacée par les musulmans au pouvoir que dans les Etats « laïques » ou « neutres » en matière de religion. Quant aux musulmans qui vivent dans les pays occidentaux, ils doivent nécessairement accepter des compromis. Le Prophète lui-même n’a-t-il pas dit qu’un temps viendrait où nul ne pourrait échapper à la « poussière de la riba », c’est-à-dire du prêt à intérêt, de manière au moins indirecte ? L’essentiel, pour les croyants, est qu’il n’y ait pas d’«intégration des coeurs » [1] et que ces compromis soient acceptés dans un esprit de patience et de sagesse, car il n’y a « ni puissance, ni force, si ce n’est par Allâh, l’Elevé, l’Immense. »

 

[1] La notion d’intégration contient l’idée fausse que l’islâm est une religion étrangère. Seul Ordre révélé destiné à l’ensemble des hommes, l’islâm est chez lui partout. Affirmer le contraire revient à considérer les musulmans d’origines occidentale comme étant des étrangers dans leur propre pays. C’est plutôt l’essence de la religion traditionnelle qui a cessé d’avoir droit de citer en Occident. Ce que les Occidentaux veulent à tout prix « intégrer », c’est-à-dire domestiquer, ce n’est pas l’islâm, c’est la religion.

16 avril 2008

Pourquoi l'Islam ?

"A chacun sa culture".
Le seul problème c'est qu'il n'y en a plus en Europe, de culture. Parce que l'Occident moderne, fondé sur des mensonges (athéisme, humanisme, individualisme, matérialisme, ...) n'a jamais pu produire une culture.
Il reste bien quelques vestiges d'époques glorieuses passées, mais ce ne sont plus rien que des formes vides de sens. Il ne faut pas s'y attacher comme à des idoles, sous peine de finir comme ces vestiges d'anciens grands peuples, aujourd'hui complètement dégénérés que sont les "primitifs", plus proches des animaux que des hommes.

Tous les anciennes civilisations avaient pour but d'élever l'homme, pour lui rendre sa grandeur primordiale; c'est impossible de s'élever en s'attachant à des idoles mortes.
Il n'y a plus qu'une religion pour emprunter la voie des Anciens, et s'élever comme ils le firent : l'Islam.

Vous n'avez plus le choix, ou bien vous êtes fidèles aux idées de vos ancêtres, qui avaient tous à coeur de s'élever le plus possible, au point d'en faire le sens de la vie, et alors vous entrer en Islam, puisque c'est maintenant le seul chemin qui permet cette élévation.
Ou bien vous n'avez rien compris à ce qui fit l'essence et la grandeur des glorieuses civilisations du passé, et vous restez attachés à des résidus, certes parfois magnifiques mais spirituellement stériles, sinon pire, jusqu'à déchoir completement du statut d'homme, et finir comme ces sauvages adorant pierres, arbres et animaux, sans même plus savoir pourquoi ...

Le choix, pour quelqu'un animé par le même esprit que nos glorieux Anciens, est vite fait : Islam, et c'est tout.
Et les autres se sont égarés sur des chemins sans fin.

15 avril 2008

Bush aussi aime la "Voltaire de l'Islam"

Le Plan B n°13, avri-mai 2008



Dans l'esprit de ses chaperons français, la cause d'Ayaan Hirsi Ali ne saurait se confondre avec celle du droit d'asile. Pas une fois la question de l'accueil réservé aux étrangers persécutés - population dont se réclame l'ex-députée néerlandaise exilée à Washington - n'a été évoquée au meeting de l'ENS [voir Le Plan B n°13, avri-mai 2008]. Hors sujet. Les demandeurs d'asile n'étant pas tous victimes de l'islamisme, leur sort indiffère les insurgés mondains. La mesure d'exception réclamée par le PPA [ndr: Parti de la Presse et de l'Argent] s'appuie sur un argument plus noble : Ayaan Hirsi Ali incarnerait les valeurs de laïcité qui font la gloire éternelle de la France. "Cette grande dame, cette insoumise [...] lutte pour le triomphe non seulement de la laïcité, mais de la laïcité à la française, s'enflamme BHL dans Libération (11.02.08), elle plaide pour les mêmes valeurs de tolérance que Voltaire et [pour] le modèle de citoyenneté tel que l'ont inventé, avec Voltaire, les promoteurs des Lumières françaises." Dans Charlie Hebdo, Coraline Fourest (dont BHL est l'éditeur chez Grasset) sanctifie "la Voltaire de l'Islam" : "Il est temps de comprendre qu'Ayaan a autant besoin de nous que nous avons besoin d'elle."(6.2.08)
Mais le "besoin" de se procurer une martyre ne tiraille pas que BHL ou Charlie Hebdo. Il y a un an, la "Voltaire de l'Islam" étaut recrutée par l'Americain Enterprise Institute (AEI), un lobby ultraconservateur qui a inspiré ses exploits irakiens à George Bush. Elle y côtoie Newt Gingrich (mascotte de la droite religieuse américaine), Richard Perle (ancien vice-secrétaire à la Défense), Reuel Marc Gerecht (ex-spécialiste du Moyen-Orient à la CIA), Lynne Cheney (épouse du vice-président Dick) ou encore l'ex-PDG d''ExxonMobil, Lee Raymond. "Mes collègues et leurs épouses n'ont eu pour moi que gentillesse, générosité et amitié", les a remerciés l'insoumise" ("Coming to America", 26.7.07).
Encadrée par ces militants de la "laïcité à la française", Ayaan Hirsi Ali peut laisser librement s'épanouir ses valeurs de tolérance. Sur le site internet de l'AEI, elle explique ce que doit être "le rôle du journalisme aujourd'hui" : promouvoir la "guerre des idées qui oppose les valeurs de l'Occident à celles de l'Islam." "Vous [les journalistes]devriez cesser de vous auto-censurer. L'Islam et la démocratie libérale sont incompatibles. [...] Si nous ne comprenons pas les différences entre l'Occident et l'Islam - pourquoi l'un est si grand et l'autre si vil -, si vous renonçons à contre-attaquer et à gagner la bataille des idées pour préserver notre civilisation, il n'y a selon moi aucune justification à votre métier ni au mien." (19.5.07)
Les voltairiens de la Maison-Blanche se laisseront-ils chiper leur perle rare par une escadrille d'éditorialistes français ? Le Plan B retient son souffle.

Voltaire en char d'assaut

Julien Jauffret dans Le Choc du Mois n° 21, avril 2008,
source : Wonderland 



Ex-député néo-conservateur somalo-néerlandais, Ayaan Hirsi Ali veut obtenir la nationalité française après avoir été chassée comme une malpropre de son pays d'accueil. La République est généreuse avec le fanatisme.

Allez savoir pourquoi, sa conception des Lumières ressemble étrangement à la lampe braquée sur les suspects dans les commissariats. « Tu vas cesser de croire, dis salaud! » Il faut dire que Ayaan Hirsi Ali, collabo de choc de l'Occident universaliste, ne fait pas dans la dentelle. Lorsqu'elle évoque la démocratie, la laïcité ou la libération de la femme, on croit entendre en fond sonore comme un bruit de bottes. Notre Voltaire en jarrettelles est du genre à libérer les croyants malgré eux. À affranchir les « arriérés » de la tradition contre leur gré. À remettre dans le droit chemin de la raison à grands coups de pompes dans le cul. D'ailleurs, on l'imaginerait bien, un jour d'exaltation, se nouer la Déclaration des droits de l'homme autour de la taille avant de se faire sauter le caisson dans une mosquée!
Tout avait pourtant bien commencé pour elle. En 1992, échappée de la Somalie en guerre et d'un mariage forcé, elle obtient le droit d'asile aux Pays-Bas. Naturalisée en 1997, elle est élue députée travailliste l'année suivante. Les attentats du 11 septembre 2001 réveillent en elle une haine de l'islam dont elle se découvre la première victime. Elle vire athée militante mais se fait exclure du parti travailliste et adhère au parti libéral dont elle sera élue député en 2002. Elle fait adopter un projet de loi réprimant l'excision au plat pays et commence à se persuader « qu'aucune cohabitation n'est possible entre l'islam et l'Occident ».
C'est l'époque où, entre autre facéties, elle qualifie Mahomet de pervers, de pédophile et de terroriste et collabore au docu-pamphlet de Théo Van Gogh qui exhibe notamment des femmes nues tatouées de sourates du Coran. Mais les Musulmans n'ayant pas encore appris à dire merci lorsqu'ils se font cracher à la gueule, un fou de Dieu poignarde le pauvre Van Gogh en pleine rue en novembre 2004. Entre le couteau et le bide de l'arrière-petit-neveu du peintre, la liste des procains assassinés commence par le nom d'Ayaan Hirsi Ali. Débandade. Madame « la députée » s'enfuit aux États-Unis en couinant et se fait embaucher à l'American Enterprise Institute, un think tank néo-conservateur, les Pays-Bas continuant d'assurer sa protection.
Las, en mai 2006, un documentaire de la télé batave révèle que lors de sa demande d'asile, Ayaan Hirsi Ali a menti sur à peu près tout: son âge, son nom (elle s'appelle Ayaan Hirsi Magan) et surtout la légitimité de l'asile qu'elle réclamait. Car si la « Voltaire noire », comme l'appellent les imbéciles, est bien née en Somalie, elle a quitté ce pays vers 10 ans et vivait depuis entre le Canada et l'Allemagne, après dix ans passés dans la paix au Kenya où il n'a jamais été question d'un mariage forcé. Scandale. En terre calviniste, le mensonge étant un très gros péché, Ayaan Hirsi Ali perd toute crédibilité et les Hollandais cessent bientôt d'assurer sa protection après lui avoir retiré son passeport.
C'est alors que Zorro est arrivé. A l'initiative de Charlie Hebdo, passé de la déconnade gauchiste inconsistante au plus poisseux des robespierrisme, un « manifeste des douze » est signé le 1er mars 2006. Guest star; Ayaan Hirsi Ali. « Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux... », ânonnent très sérieusement les néo-résistants, menés par la pasionaria Caroline Fourest qui met semble-t-il un point d'honneur à plonger la tête de ses contemporains dans le fumier dès que ces derniers se mettent à contempler les étoiles de manière trop insistante.
L'ex-député devient une icône laïque. Des tas de demi-folles sortent du bois, « écrivaines » ratées, hystéro-libérées, cartésiennes louches, sans compter la ribambelle des paumées, qui, ayant reçu un jour une claque sur le museau, entendent le faire savoir au monde entier. « Ayaan Hirsi Ali, ma sœur », pleurnichent de reconnaissance les Chahdortt Djavan et autres Taslima Nasreen de service tandis que Salman Rushdie, preuve vivante de l'incompétence des islamo-barbus, salue « la première réfugiée d'Europe occidentale depuis l'Holocauste ». Pas moins.
Enfin, reconnaissance suprême, toujours à l'initiative de Fourest, une grande messe et organisée le 10 février 2008 à Paris, au cours de laquelle Ayaan Hirsi Ali reçoit des mains du grand prêtre Lanzmann le prix Simone de Beauvoir! Enorme. La France sarkozyste, qui traque sans relâche le Chinois « sans papiers » de Belleville, accepte le principe d'une naturalisation de la cartésienne de choc, tandis que le secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade évoque « la France éternelle de 1789, de Hugo, de Zola, de Ni putes ni soumises », faisant croire l'espace d'un instant à la possibilité d'une hallucination auditive dantesque.
« L'islam est incompatible avec les principes de la démocratie », retiennent généralement ceux et celles qui ne prennent pas la peine d'écouter jusqu'au bout celle qui ajoute aussitôt après: « Le christianisme est également incompatible avec la démocratie ». Nous y voilà. Car Ayaan Hirsi Ali n'a pas seulement la haine de l'islam chevillée au corps. Elle a celle de toutes les religions, ou presque, et milite pour l'interdiction de toute forme d'enseignement privé à caractère religieux. « On ne naît pas arriéré, avec une religion dans la tête [...] Le seul moyen d'empêcher des adultes de croire que, hors de l'islam, il n'y a point de vérité, c'est de mettre fin aux écoles religieuses musulmanes ou chrétiennes », déclarait-elle encore récemment à L'Express.
On notera au passage « la religion dans la tête », du grand style fadelamarien qui semble décidément être l'apanage de ces néo-illétrées ayant décidé une bonne fois pour toutes que la seule espérance permise ici-bas était celle de se rapprocher de la condition du chien. Idéal exquis qui aurait probablement fait vomir Voltaire, le vrai, de rage et de dégoût.

 
 
 
 
 

11 avril 2008

Le sens du Jihad !

extrait de Qu'est-ce que le soufisme ?, de Martin Lings
 
 
 
"Dans de nombreux versets, les sens extérieur et intérieur s’appliquent à des domaines très différents. Un jour, au retour d’une bataille contre les infidèles, le Prophète dit: «Nous sommes revenus de la petite Guerre saint à la grande Guerre sainte.» Ses compagnons demandèrent: «Qu’est-ce que la grande Guerre sainte?» et il répondit: «La guerre contre l’âme.» On trouve ici la clé du sens intérieur de tous les versets du Coran se rapportant à la Guerre sainte et aux infidèles. Admettons que ce dire du Prophète apporte quelque chose à chacun, et la plupart des musulmans pourraient prétendre avoir l’expérience de la lutte contre les infidèles de l’intérieur, c’est-à-dire contre les éléments rebelles et non musulmans [insoumis à Dieu] de l’âme. Mais résister de temps en temps à la tentation est une chose, et faire la guerre en est une autre. La grande Guerre sainte dans son sens plénier est le soufisme, ou, plus précisément, elle en est un aspect et ne regarde que les soufis. Le Coran déclare: «Combattez les idolâtres totalement» (IX, 36), et ailleurs: «Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition, et que la religion soit toute à Dieu» (VIII, 39). Cela, seul le mystique est capable de le réaliser intérieurement, et lui seul sait ce que cela veut dire de maintenir une opposition méthodique contre ses propres possibilités inférieures et de porter la guerre dans le territoire de l’ennemi, de manière que l’âme soit tout entière «à Dieu». C’est à cause des dangers de cette guerre qu’aucun ésotérisme n’est aisé d’accès. En fait, mais non de propos délibéré, l’exotérisme est un état de trêve avec des escarmouches occasionnelles et livrées de façon décousue; et il est bien préférable de demeurer exotériste que de susciter toute la fureur de l’ennemi [du diable] et, ensuite, d’abandonner la lutte, laissant les possibilités inférieures envahir l’âme."